Les régulateurs de Bâle se montrent plus réceptifs au discours des banques

le 07/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une révision des règles de liquidité n'est pas exclue, alors qu'un rapport de l’IIF met en garde contre les effets économiques des réformes

Elaborées avant l'aggravation de la crise de la dette souveraine, les futures règles de Bâle 3 montrent déjà leurs limites conceptuelles. Résultat, le Comité de Bâle est attentif aux «conséquences non voulues» des nouvelles règles. L'introduction d'un ratio de liquidité à 30 jours (le LCR), prévue le 1er janvier 2015 après une période d'observation, va ainsi faire l'objet d'une étude d'impact dont les résultats seront communiqués aux superviseurs nationaux au premier trimestre 2012. «Sur cette base, nous déciderons s'il faut ou nous apporter des changements» a indiqué hier à Bloomberg Stefan Walter, le secrétaire général du Comité. «Personne ne nous a soumis une proposition concrète pour changer le LCR», a-t-il précisé en réponse à un article du FT. Ce point ne serait pas à l'ordre du jour des prochaines réunions du 27 et 28 septembre à Bâle.

Les régulateurs semblent ainsi se montrer plus réceptifs aux avertissements des banques, dont la liquidité se tend depuis quelques semaines. Dans un rapport publié hier, l’IIF (Institute of International Finance), qui regroupe plus de 440 institutions, met ainsi en garde contre l’impact économique des «multiples couches» de réformes réglementaires proposées ou déjà effectives frappant le secteur.

Le scénario central de l’IIF envisage des besoins supplémentaires en capital d’ici à 2015 de quelque 1.300 milliards de dollars pour les banques des principales économies développées (zone euro, Etats-Unis, Royaume-Uni, Suisse, Japon). De quoi exiger une hausse annuelle moyenne de 3,5 points des taux d’emprunt de la part des banques. Les mesures réglementaires pourraient ainsi avoir un impact direct cumulé de 3,2 points sur la croissance du PIB de ces pays à ce même horizon (de 2,7 points aux Etats-Unis à 5,5 points outre-Manche) et pourraient correspondre à la non-création de 7,5 millions d’emplois. Des chiffres supérieurs à ceux des études publiques officielles, comme le souligne l’IIF.

Cette dernière a élaboré deux scénarios alternatifs. Le premier, plus rassurant, mise sur un impact réduit de moitié (à 1,6 point) sur le PIB dans un contexte de financement pour les banques comparable à celui prévalant jusqu’à la mi-2007. Le second, en revanche, table sur une mise en œuvre accélérée des réformes, qui auraient alors un impact négatif de 3,9 points sur la croissance des pays scrutés, qui plus est sur une période restreinte d’ici à fin 2013.

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