Les banques européennes restent sous pression pour leur financement

le 24/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré une relative accalmie en Bourse, les banques subissent toujours la défiance des investisseurs. Leurs CDS continuent de grimper

Si les banques respirent un peu cette semaine sur les marchés actions après une quinzaine catastrophique en Bourse, elles font toujours face à un environnement difficile pour leur financement. Sur fonds de craintes persistantes vis-à-vis de la crise de la dette souveraine en zone euro, plusieurs signaux de tension continuent de se manifester et viennent nourrir les spéculations tablant sur une crise de liquidité imminente pour les établissements de crédit européens.

Lundi, une étude de l’agence de notation Fitch a révélé que les dix principaux fonds monétaires américains avaient encore réduit leur exposition aux banques européennes à fin juillet ainsi que les maturités des prêts accordés. En un mois, ces fonds ont réduit de 9% leur exposition et de 20,4% depuis fin mai. Plus de 20% de leur exposition aux banques françaises se portait sur des maturités à 7 jours ou moins au 31 juillet, contre moins de 10% à fin juin, tandis que l’exposition aux prêts à 61 jours ou plus a été réduite d’environ 20 points à un peu plus de 30%. Et le coût de financement en dollars des banques européennes a retrouvé lundi son niveau élevé du 11 août, le swap de base de change croisé euro-dollar à trois mois étant remonté à 87,4 pb avant de revenir à 84,25 hier.

Autre preuve que les investisseurs nourrissent de plus en plus de doutes sur la qualité d’emprunteurs des banques européennes, les CDS à cinq ans sur leurs dettes seniors et juniors ont continué leur progression hier, ceux portant sur la dette senior ayant grimpé de 10 pb à 257 pb. Les CDS sur la dette junior ont quant à eux atteint 455 pb, contre 437 la veille, selon les données de Bloomberg. Les 80 milliards d’euros de financement à trouver avant la fin de l’année, selon Morgan Stanley, par les banques européennes risquent donc d’avoir un coût plus élevé que prévu.

Les banques continuent également de rechigner à se prêter entre elles. Les dépôts à 24 heures auprès de la BCE se sont élevés à 128,7 milliards d’euros lundi contre 106 milliards vendredi. Selon CreditSights, les établissements recourant le plus à cette facilité de dépôt sont les banques françaises, allemandes et autrichiennes. La facilité de prêts au jour le jour de la BCE a également été sollicitée de manière plus importante que ces derniers jours, à hauteur de 555 millions d’euros lundi contre 90 le vendredi précédent. Ce niveau reste toutefois très inférieur aux 4 milliards d’euros demandés le 10 août.

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