Un duo succèdera à Josef Ackermann à la tête de Deutsche Bank

le 26/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Anshu Jain et Jürgen Fitschen dirigeront l'établissement, tandis que Josef Ackermann prendra la présidence du conseil de surveillance

Le conseil de surveillance de Deutsche Bank vient de mettre un terme à plus de deux ans de rumeurs autour de la succession de Josef Ackermann, en charge de la conduite de l'établissement basé à Francfort depuis 2002. Il a décidé hier soir de nommer à compter de mai 2012 une nouvelle direction bicéphale, composée d'Anshu Jain et de Jürgen Fitschen. Un duo complémentaire sur le papier.

Agé de 48 ans, Anshu Jain a gravi tous les échelons au sein de l'établissement, se hissant du poste de courtier sur les taux à celui de responsable de la banque d'investissement. Un pôle qui contribue à hauteur de plus de 70% aux revenus du groupe bancaire. En tant que patron des activités allemandes, son équipier, âgé de 62 ans, peut faire valoir un épais carnet d'adresses dans les cercles des affaires ou politiques allemands. Un choix qui vise à réconcilier l'envergure internationale de l'établissement avec ses racines domestiques mais qui résonne pour certains observateurs comme un aveu de faiblesse (lire L'Agefi du 12 juillet).

La décision prise par Axel Weber, l'ancien président de la Bundesbank, de rejoindre les rangs du suisse UBS, avait compliqué la tâche en vue de trouver un successeur à Josef Ackermann. Le directeur de la gestion des risques Hugo Banziger, le directeur financier Stefan Krause, et le responsable des activités de banque de détail Rainer Neske, figuraient également pami les prétendants les plus crédibles.

Le choix d'une direction à deux têtes n'a pas toujours été couronné de succès au sein des grands établissements bancaires. Chez Credit Suisse, le partage du pouvoir entre Oswald Gruebel et John Mack s'est soldé par le départ précipité du deuxième. Ce scénario avait déjà été observé chez Citigroup quelques années plus tôt entre John Reed et Sandy Weill.

Josef Ackermann, qui est parvenu à éviter à l'établissement un renflouement public dans les affres de la crise financière, reste dans le giron du groupe. La banque prévoit qu'il accède au poste de président du conseil de surveillance, en remplacement de Clemens Boersig. Ce dernier a estimé hier soir que toutes ces décisions, «prises à l'unanimité et en étroite coopération avec Josef Ackermann tout au long du processus», apportaient «à la fois du renouvellement et de la continuité». Deutsche Bank doit publier aujourd'hui ses résultats du deuxième trimestre.

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