Les assureurs restent peu menacés par une décote de la dette grecque

le 25/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si le secteur dispose d'outils pour limiter et absorber les pertes, il devra commencer à passer des dépréciations

Les assureurs européens devraient pouvoir absorber sans trop de difficulté les décotes sur les obligations souveraines grecques prévues par le second plan de sauvetage présenté jeudi par l’Union européenne, qui inclut une participation du secteur privé (voir tableau). Parmi les principaux assureurs européens, le plus exposé à la Grèce reste Generali avec 3,9 milliards d’euros bruts de titres souverains, suivi de CNP Assurances (1,974 milliards), Allianz (1,69 milliards) et Axa (1,43 milliards), selon les données d’Oddo.

Mais les pertes que les assureurs devront supporter sur une décote de la dette grecque dépendront, pour les fonds euros, de la part qu’ils alloueront aux assurés. «Même si on prend l’hypothèse que la totalité de la perte est attribuable aux actionnaires, nous arrivons à un ordre de grandeur tout à fait gérable pour le secteur», estime François Boissin, analyste chez Exane BNP Paribas.

D’autant qu‘ils disposent d’outils leur permettant d’amortir le choc. «S’il y a des pertes à constater, ils peuvent éventuellement les imputer sur des outils comme la provision pour participation aux excédents (PPE), ce qui éviterait d’affecter leurs résultats», indique Pierre Flabbée chez Kepler. Par exemple, CNP, l’assureur français le plus exposé, disposait d’une PPE en France à fin 2010 de 2,9 milliards d’euros, un montant largement supérieur à son exposition nette potentielle de 197 millions d’euros.

Néanmoins, si le secteur semble pouvoir assumer la décote des obligations grecques prévue par le plan, les assureurs devront passer des dépréciations. «Tout cela milite pour des dépréciations. Pratiquement aucun n’en a fait pour le moment sur la dette souveraine», souligne François Boissin.

SAUVETAGE GRECE PARTICIPATION SECTEUR PRIVE
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