Les grandes banques européennes évoquent des freins à leur développement sur le Vieux Continent

le 29/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un rapport de Bruxelles pointe notamment l'incertitude autour des mesures réglementaires encadrant les établissements d'importance systémique

L'inquiétude persiste au sein des poids lourds du secteur bancaire européen. Un document de travail publié cette semaine par la Commission européenne met en évidence les contraintes qui pèsent sur leur expansion en Europe. Fruit d'une enquête auprès de huit grandes banques paneuropéennes, représentant environ un cinquième des actifs totaux du secteur à la fin 2009 et affichant une présence significative dans au moins cinq pays européens autres que leur marché domestique, le rapport cite une «incertitude générale» concernant les développements réglementaires relatifs aux institutions financières d'importance systémique (SIFI) ou les ratios de liquidités.

Le Conseil de stabilité financière continue de plancher sur la définition d'une liste des établissements appartenant à cette catégorie. La Commission européenne a de son côté signalé en janvier qu'elle travaillait sur l'élaboration de mesures spécifiques, incluant les créanciers obligataires seniors, afin que les contribuables ne soient plus mis à contribution pour le sauvetage d'établissements jugés trop gros pour faire faillite («too big to fail»). Les acteurs interrogés s'inquiètent également des efforts nationaux de régulation qui pourraient «entraver le libre mouvement transfrontalier de la liquidité».

Selon cette enquête, les participants qui se sont financés sur une base coordonnée mais décentralisée durant la crise ont connu une meilleure stabilité que ceux qui l'avaient fait de manière centralisée. Ce dernier mode représente néanmoins les trois quarts des établissements interviewés. «Reflétant partiellement cela, tous les sondés ont cherché à accroître leur dépendance au financement local, en particulier pour les dépôts de particuliers et les covered bonds (obligations sécurisées). Cependant, certains ont relevé que les flux intra-groupes restent un canal important pour financer leurs filiales», peut-on lire. A l'inverse de leur mode de financement, la gestion du risque au sein de ces groupes bancaires est devenue plus centralisée. «Dans les faits, une combinaison entre un financement décentralisé et une gestion du risque intégrée a contribué substantiellement à une forme de résilience durant les crises systémiques», souligne le texte de la Commission.

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