La banque russe Nomos parvient à séduire les investisseurs à Londres

le 20/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Suite à son IPO, qui a été sursouscrite, l'établissement présente une capitalisation boursière de 3,2 milliards de dollars. Le flottant s’élève à 22 %

Nomos Bank a réussi là où plusieurs de ses compatriotes russes se sont récemment cassé les dents. La banque russe a en effet bouclé son introduction en Bourse sur le marché britannique, ainsi que sur son marché national, en levant 718 millions de dollars (502 millions d’euros).

Le prix retenu pour les certificats d’actions étrangères (GDR, global depositary receipt) s’est établi dans le milieu de la fourchette initialement fixée de 16-18,5 dollars, à 17,5 dollars. Une action cotée à Moscou correspond par ailleurs à deux GDR, soit 35 dollars, a précisé la huitième banque russe en termes d’actifs, dans un document déposé à la Bourse de Londres lundi.

Dans le sillage de cette offre, qui a été sursouscrite, la capitalisation de Nomos Bank, contrôlée par le milliardaire Alexander Nesis, s’élève à 3,2 milliards de dollars, avec un flottant de 22%. En cas d’exercice de l’option de surallocation, le flottant serait porté à 25%, le montant de l’offre passant à plus de 800 millions de dollars.

Cette introduction en Bourse sur le marché londonien intervient suite à l’échec de celles de plusieurs sociétés russes depuis le début de l’année. Les sociétés Nord Gold (filiale du groupe sidérurgique Severstal), Koks (fonte et charbon) on encore ChelPipe (équipement pour le secteur pétrolier) ont ainsi dû renoncer en février à leur projet en raison de valorisations jugées trop élevées et d’un climat de méfiance des investisseurs.

De même, le groupe de téléphonie mobile Euroset a reporté la semaine passée sa cotation au-delà de 2011. Si le producteur agroalimentaire Rusagro est parvenu à lever ce mois-ci 330 millions de dollars à la Bourse de Londres, le groupe russe avait toutefois fixé un prix d’introduction dans le bas de la fourchette initialement avancée.

Le secteur financier russe semble toutefois susciter plus d’attraits aux yeux des investisseurs étrangers. Dans le cadre de son programme de privatisation de 42 milliards d’euros sur une période de cinq ans, la Russie avait en effet encaissé en février 95,7 milliards de roubles (2,4 milliards d’euros) via la cession de 10% du capital de la banque VTB, certes sur le marché russe, mais avec une forte demande étrangère.

Par ailleurs, les différents échecs de cotation n’ont pas refroidi les entreprises russes, dont plusieurs prévoient de s’introduire à Londres prochainement, à l’image de Russian Helicopters, Yandex ou encore Suek.

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