Le Crédit Foncier table sur une hausse des taux immobiliers de 100 pb en 2011

le 24/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les nouvelles règles de Bâle 3 incitent les banques à se financer davantage à long terme, ce qui se répercute sur leurs prêts à l'habitat

La remontée des taux des crédits immobiliers n’est pas terminée. Amorcée en fin d’année 2010, elle sera encore importante en 2011, a prévenu hier le Crédit Foncier lors d’une conférence de presse. Les banques françaises anticipent en effet sur la nouvelle réglementation bancaire de Bâle 3 qui va les conduire à revoir leur mode de refinancement. «Alors que les banques refinançaient surtout leurs engagements longs avec du crédit à court terme, elles sont incitées, avec Bâle 3, à mixer davantage les financements courts et longs», a expliqué Thierry Dufour, directeur général délégué du Crédit Foncier.

Pour l’heure, alors que l’Euribor 3 mois se traite à 1,2%, une banque européenne AA se finance à plus de dix ans à 5,1% d’après l’indice iBoxx, c’est-à-dire beaucoup plus que le taux moyen d’un prêt immobilier à 10 ans consenti par une banque française (3,40 % d’après Meilleurtaux).

L’intégration de Bâle 3 par les banques françaises devrait donc se traduire par une remontée de 100 points de base (pb) des taux des prêts immobiliers en 2011, estime le Crédit Foncier. Une hausse de 30 pb a déjà été enregistrée depuis le 1er janvier. Les taux devraient donc encore grimper de 70 pb d’ici à la fin de l’année.

Pour la banque spécialisée dans l’immobilier, le nouveau dispositif du prêt à taux zéro + (PTZ+) pourra effacer temporairement cette hausse des taux. «Il la compensera jusqu’à environ 50 points de base, c’est-à-dire jusqu’à la fin du premier semestre», précise Gérard Rul, directeur des études immobilières du Crédit Foncier Immobilier. Conséquence de ce phénomène, les prix pourraient encore augmenter modérément au premier semestre, les ventes conclues étant encore liées à l’activité de la fin d’année 2010. Sur l’ensemble de 2011, le Crédit Foncier s’attend à une stabilisation.

La hausse des taux va aussi freiner les velléités d’accession à la propriété des particuliers. Le Crédit Foncier a déjà relevé une «dégradation des intentions d’emprunt chez les ménages». La banque table sur une réduction de la production de crédit de 130 milliards d'euros en 2010 à 120 milliards d'euros en 2011. Par ailleurs, le nombre de transactions pourrait passer de 702.000 l’an dernier à 680.000-690.000 cette année.

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