BPCE solde sa dette vis-à-vis de l'Etat

le 24/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

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Le remboursement de l’Etat allégera le fardeau de BPCE. La banque estime à 815 millions d’euros environ les dividendes et les coupons qu’elle aura versés au denier public depuis l’origine jusqu’à la date prévue de remboursement.

Natixis aussi économisera des frais. La filiale à 72% du groupe pourra racheter 800 millions d’euros de TSS souscrits par BPCE (qui réinjectait par ce biais les fonds reçus de l’Etat), après en avoir déjà remboursé pour 1,35 milliard en 2010. Le coût des titres super subordonnés passera donc de 380 millions net d’impôt en 2010 à 260 millions cette année. «Le remboursement de tous les TSS a un impact relutif sur le bénéfice par action de 7% par an», se félicite Laurent Mignon, directeur général de Natixis.

Si la banque de gros peut diminuer la part de titres hybrides dans son capital, c’est grâce à sa tutelle. L’Autorité de contrôle prudentiel lui a en effet permis d’anticiper dès fin 2010 le traitement, sous Bâle 3, des certificats coopératifs d’investissement que Natixis détient à hauteur de 20% du capital des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires. Jusqu’à présent, ces CCI étaient déduits des fonds propres, à hauteur de 50% du capital tier one (soit 5,1 milliards) et 50% du tier two. Les titres hybrides servaient à compenser cet effet. Les certificats coopératifs seront désormais réintégrés dans le capital (tout en restant exclus du core tier one), et pondérés à 370% dans les actifs à risque. Résultat, à fin 2010, le ratio core tier one de Natixis tombera de 10,7% à 7,9%, mais avec une définition plus proche de celle du futur ratio Bâle 3, fixé à 8% en 2013.

Ce ratio de fonds propres durs de 8%, Natixis espère l’atteindre dès le 1er janvier 2013, et sans appel au marché, alors qu’il tablait auparavant sur un ratio supérieur à 7% à cette date. Même chose pour le groupe BPCE dans son ensemble. Ce dernier affiche déjà à fin 2010 un ratio core tier one de 8%, mais en définition Bâle 2, en tenant compte du remboursement intégral de l’Etat.

Le groupe a plusieurs atouts pour tenir cette «trajectoire de solvabilité», comme l'appelle François Pérol. D’une part, la vente de parts sociales, qui a permis de renforcer les fonds propres de 2,7 milliards en 2009 et de 1,5 milliard en 2010. D’autre part, les cessions d’actifs non stratégiques. En attendant l’introduction en Bourse de Coface, qui a annoncé un recentrage sur l’assurance crédit, BPCE a mandaté Rothschild afin de sonder l’intérêt du marché pour l’administrateur de biens Foncia.

Mais François Pérol insiste: ces deux leviers ne constituent que des bonus. «Notre trajectoire de solvabilité n’a pas besoin de levées significatives de parts sociales, et ne dépend pas des cessions», martèle le président. C’est la mise en réserve des résultats, évaluée à 80% en 2010 au niveau du groupe sachant que BPCE se fera payer son dividende Natixis en actions, qui doit permettre d’atteindre l’objectif.

BPCE ratios fonds propres
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