Les caisses espagnoles ont jusqu'à mars 2012 pour entrer en Bourse

le 21/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement oblige le secteur à renforcer ses fonds propres dès le mois prochain. Il chiffre à 20 milliards d'euros maximum le coût de la restructuration

Le gouvernement espagnol espère être entré dans la «phase finale de la restructuration du secteur financier» avec l'adoption vendredi d'un décret très attendu qui oblige banques et caisses à renforcer leurs niveaux de capital. La ministre espagnole de l'Economie, Elena Salgado, a confirmé que le niveau obligatoire de fonds propres purs (common equity tier one) augmentera en Espagne le 10 mars prochain jusqu'à 8%. Et même 10% pour les établissements financiers qui dépendent à plus de 20% des marchés pour leur financement et qui n'auront pas ouvert leur capital à hauteur de 20% au moins à des investisseurs privés.

«Si des besoins additionnels sont détectés dans les tests de résistance de l'été prochain, ceux-ci devront être couverts», précise le décret. La définition des fonds propres se calque sur celle de Bâle 3 qui entrera en vigueur en 2013, «avec les ressources fournies par le fonds public de restructuration du secteur financier (Frob) ainsi que les obligations convertibles obligatoirement en actions avant 2014», a précisé la ministre.

La Banque d'Espagne dévoilera en mars le montant des aides nécessaires mais Elena Salgado a réaffirmé vendredi qu'il ne dépasserait pas 20 milliards d'euros, en plus des 12 milliards déjà déboursés par le Frob sur une enveloppe théorique de 99 milliards. Les caisses envisageant de solliciter l'aide du Fonds ont trois mois pour se convertir en banques. L'Etat pourra alors y prendre des parts pour une durée maximale de cinq ans. Les caisses auront deux ans pour reprendre le contrôle du capital avant que l'Etat ne mette en vente ses parts.

La ministre leur a offert une autre concession en reportant jusqu'à mars 2012 la date limite d'entrée en Bourse des groupes de caisses qui, comme Banco Financiero y de Ahorros, centré autour de Caja Madrid, ont dû créer une banque pour y transférer leurs activités financières en vue d'une IPO. Les cajas craignaient que les investisseurs ne soient pas au rendez-vous en cas d'arrivée massive et synchronisée sur les marchés. Les caisses devront de toutes façons respecter la date butoir du 30 septembre pour présenter un plan «pratiquement irréversible» de recapitalisation.

A ceux qui s'inquiètent du rallongement des délais, Elena Salgado a répondu que le gouvernement ne relâchait pas la pression sur les cajas: «les marchés savent qu'à l'automne, qui termine le 21 décembre, toutes auront au moins 8% de fonds propres purs

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