Les banques françaises devront encore rassurer sur Bâle 3

le 15/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A l'occasion de résultats annuels en nette hausse, les groupes cotés devront démontrer leur capacité à dégager du capital et à gérer leur bilan

Durant la crise financière, le système bancaire français a fait preuve d’une relative solidité, qui n’a toutefois pas exonéré les établissements d’un nettoyage de leur bilan. En conséquence, les analystes s’attendent à voir une nette amélioration de leurs résultats en 2010.

Le consensus Bloomberg prévoit ainsi plus d’un quintuplement du bénéfice net de la Société Générale (qui publiera ses comptes demain), à 3,9 milliards d’euros, et une progression de 40% à 8,1 milliards pour BNP Paribas (qui suivra jeudi). Natixis devrait ressortir du rouge à 1,7 milliard d’euros et Crédit Agricole SA (CASA) progresser de 36% à 1,5 milliard. «Dans les activités de financement et d’investissement [BFI], les banques françaises devraient profiter de leur pôle de financement important, ainsi que du poids des dérivés actions, dont le marché a affiché de bonnes performances au quatrième trimestre», explique Cyril Meilland, analyste chez CA Cheuvreux.

La banque de détail internationale aura encore été pour beaucoup un centre de coûts en 2010. Les analystes de KBW estiment que BNP Paribas passera 65 millions d’euros de provisions en Ukraine au dernier trimestre, tandis que les comptes de CASA seront affectés par une moins-value comptable de 1,25 milliard d’euros relative à sa participation dans Intesa en Italie, et le creusement des pertes d’Emporiki, à 873 millions. «Le déficit annuel d’Emporiki s’accroît, mais la tendance s’améliore: les pertes représentaient 130 millions au dernier trimestre, contre 210 millions au troisième», tempère un professionnel.

Si KBW estime que la Société Générale, qui nourrit de fortes ambitions en Egypte, pourrait y passer 100 millions d’euros de provisions au quatrième trimestre, les analystes croient toutefois peu à un effet durable de la transition politique en Afrique du Nord.

En revanche, les banques françaises devront rassurer le marché quant à leur niveau de fonds propres, face au resserrement des exigences réglementaires en capital sous Bâle 3. «[Ces établissements] n’ont pas compensé le recul de leurs bénéfices en 2007-2009 à travers des augmentations de capital ou des cessions massives. C’est pourquoi leur ratio de fonds propres n’a pas augmenté dans la même proportion que celui de leurs concurrentes européennes», explique Standard & Poor’s. Les banques devront démontrer leur capacité à générer du capital à travers leurs bénéfices et la gestion de leurs encours pondérés du risque.

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