Les investisseurs snobent les introductions en Bourse des sociétés russes

le 11/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les sociétés Nord Gold, Chelpipe et Koks ont dû renoncer à leur projet d'IPO sur le marché londonien du fait de valorisations trop élevées

L’invasion russe sur le marché britannique n’aura pas lieu. Sur les quatre introductions de sociétés russes prévues en une semaine sur le marché londonien pour un montant total d’environ 2 milliards d’euros, une seule aura eu lieu et à un prix réduit. Severstal a annoncé hier le report de l’IPO à la City de sa filiale spécialisée dans les mines d’or, Nord Gold. L’opération aurait dû permettre à la société d’acier russe, de lever 441 millions de livres pour une valorisation estimée entre 2,5 et 3,3 milliards. «Les retraits d’argent des fonds des marchés émergents ont affecté le prix que les investisseurs sont prêts payer» estime un proche de Severstal cité par le Financial Times, ajoutant que «cette situation était arrivée à un point où l’opération aurait été dilutive pour les actionnaires de Severstal». Mais avec le prix de l’or qui semble avoir atteint son point haut, les investisseurs recentrent leur intérêt vers le secteur pétrolier, qui semble encore offrir un potentiel de hausse, selon les analystes.

Tout avait mal commencé il y une semaine avec l’abandon du projet d’IPO à Londres de Koks, société russe de fonte et charbon à coke, du fait de conditions de marché difficiles suite à la situation en Egypte. Quelques jours après, Hydraulic Machines & Systems, fournisseur pour l’industrie pétrolière et gazière, avait dû accepter de baisser le prix de son IPO à 8,25 dollars par action, contre une fourchette initiale comprise entre 9,25 et 12 dollars par titre. La société, qui prévoyait de lever 652 millions de dollars, a dû se contenter de 396 millions avec une réduction de la taille de l’opération et de l’option de surallocation. Puis c’est le fabricant russe d’équipements pour l’insutrie pétrolière, Chelpipe, qui avait retiré ses projets de lever 688 milliards de dollars, destinés à refinancer sa dette, qui représentait 5 fois l’Ebitda fin 2010.

Si les sociétés concernées semblent mettre ces échecs sur le compte des conditions de marché exceptionnelles, Tom Mundy, stratégiste chez Otkritie Financial, estime que les investisseurs «n’aiment ni la structure ni la valorisation» de ces sociétés. De plus, la vente débutée lundi de 10% de la banque VTB par l’Etat russe semble avoir lessivé le marché, alors que Moscou prévoit un large programme de privatisation de 42 milliards d’euros sur cinq ans.

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