Les caisses de Crédit Agricole diffèrent dans leur dynamisme commercial

le 10/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Leurs résultats illustrent leur capacité de collecte. L'activité de la clientèle des entreprises a notamment pesé

En dépit des questions concernant le groupe Crédit Agricole vis-à-vis des futures normes prudentielles de Bâle 3, les caisses régionales n’ont rien perdu de leur capacité à mobiliser leur réseau.

Du côté de la caisse d’Ile-de-France (Cadif), la plus importante du groupe, la collecte est qualifiée d’«historique» par Didier Moaté, son directeur général adjoint. D’un montant de 2,3 milliards d’euros, elle a permis aux encours totaux de progresser de plus de 5% et d’atteindre 46,5 milliards d’euros. L'épargne financière (hors assurance) recule alors que les encours d'épargne de bilan progressent de 7,9%. L’encours moyen des dépôts à vue a pour la première fois franchi la barre des 6 milliards d’euros, grâce à une croissance de 6,8%.

Un dynamisme dont se prévaut également le Crédit Agricole Nord de France (+8,4% à 21,5 milliards d’euros). Sa collecte a été portée par la contribution des entreprises. En effet, celles-ci ont peu investi au cours des dernières années et se retrouvent avec une trésorerie importante.

Comme l’expliquait vendredi Alain Diéval, son directeur général, l’établissement en a profité pour leur proposer des placements plus rémunérateurs que les fonds monétaires dans lesquels les sociétés placent traditionnellement leurs excédents de trésorerie. Mais ces OPCVM ne rapportent guère aujourd’hui, comme en attestent les décollectes massives observées sur ce marché. En outre, l’intérêt des banques rejoint celui de leurs clients, puisqu’elles ont également intérêt à favoriser la liquidité de leur bilan.

Concernant le crédit aux entreprises, l’établissement lillois voit ses encours croître de 7,5% pour les PME et ETI. En revanche, alors que le Cadif s’attendait à un décollage de l’investissement des entreprises, celui-ci ne s’est pas produit. Sa production est du coup restée «atone», malgré une progression des encours court terme de 24% pour la clientèle des grandes entreprises et les PME (à 2,2 milliards).

Reste que pour les deux caisses, la production de crédit a été portée par l’habitat. Le Cadif a vu la sienne progresser de 52% à plus de 2,9 milliards d’euros, grâce à un volume d’activité record au deuxième semestre de 1,7 milliard. Didier Moaté évoque une véritable «fringale» en fin d'année, qui a constitué selon lui «la surprise» de l'exercice pour la caisse régionale. La réalisation de crédit à l’habitat a bondi de 68% pour Nord de France.

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