Le Crédit Agricole prend sa moins-value comptable sur Intesa

le 20/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En sortant du conseil de la banque, le groupe reclasse sa part de 4,79 % et enregistre au quatrième trimestre une perte de 1,25 milliard d'euros

Crédit Agricole SA prend ses pertes latentes sur sa participation dans Intesa Sanpaolo. Lors du rachat de Cariparma, la banque verte s’était engagée auprès des autorités italiennes de la concurrence à cesser, après le 30 juin 2011, d’exercer une «influence notable» sur le groupe turinois. Elle a anticipé le mouvement vendredi dernier, en se retirant du conseil de surveillance d’Intesa.

Cette décision a une traduction comptable immédiate: elle ne permettra plus au Crédit Agricole de mettre en équivalence sa participation de 4,79% dans Intesa. Les titres seront reclassés dans les actifs disponibles à la vente, mis à la valeur de marché. Résultat: une moins-value comptable de 1,25 milliard d’euros, enregistrée dans les comptes du quatrième trimestre 2010 de Crédit Agricole SA. La part vaut 1,2 milliard au cours de vendredi.

La cession effective de 0,8% d’Intesa au premier trimestre avait déjà coûté 159 millions à CASA. Cette fois, la banque n’a pas cédé ses titres et espère un retour à meilleure fortune. «Nous n’avons pas d’obligation ni de délai pour vendre la participation dans Intesa», soulignait vendredi un proche de Crédit Agricole SA. Le groupe assure aussi que cette charge inattendue ne changera rien au montant du dividende versé en 2011.

Le ratio de solvabilité core tier one baissera de 38 points de base par rapport au niveau publié le 30 septembre (9,8%): la moins-value s’impute sur les fonds propres, et le reclassement des titres augmente les actifs pondérés par le risque. L’impact sur le tier one est inférieur (-10 pb), et même positif pour le ratio global de solvabilité (+28 pb) en raison des différences de déductions de cette part sur le capital réglementaire.

Si le Crédit Agricole n’a pas attendu juin 2011, c’est parce que son concurrent italien prépare pour le printemps un nouveau plan stratégique. Il lui était difficile de s’associer à ces travaux quelques mois avant sa sortie du conseil. La date butoir du 30 juin doit tout même jouer sur un dernier élément: les droits de vote liés aux titres Intesa (soit 4,99%) seront plafonnés à 2% après cette date.

CASA a encore d’autres moins-values à prendre, en Espagne. Sa participation de 24,7% dans Bankinter, acquise pour près de 1,2 milliard, valait 480 millions en Bourse vendredi soir. Mais elle reste mise en équivalence, évitant des pertes à son propriétaire.

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