Natixis fait bouger les lignes dans l’assurance

le 08/12/2016 L'AGEFI Hebdo

Les résultats dévoilés depuis début 2016 attestent la pertinence d’une organisation plus intégrée au sein de BPCE.

Natixis fait bouger les lignes dans l’assurance
(Fabrice Vallon)

L’exercice 2016 marque pour BPCE une nouvelle étape dans l’assurance. Après le regroupement en 2014 des activités dédiées, via l’intégration de BPCE Assurances au sein de sa filiale Natixis, la banque a cette année fait évoluer son périmètre, assurant notamment depuis janvier les affaires nouvelles vie et prévoyance des Caisses d’Epargne. « Le modèle mis en place par Natixis dans l’assurance vise à optimiser l’efficacité de l’activité, avec une intégration accrue de l’ensemble des métiers. Les chiffres des neuf premiers mois attestent la pertinence de cette organisation », juge Cyrille Chartier Kastler, président de Facts & Figures.

Natixis Assurances, filiale spécialisée de BPCE, a enregistré une croissance de son produit net bancaire de 10 %, à 155 millions d’euros sur le troisième trimestre 2016, et de 9 %, à 478 millions d’euros, sur neuf mois. Les portefeuilles d’assurance-dommages et prévoyance-santé ont crû respectivement de 8,6 % et 9,9 % au sein du réseau des Caisses d’Epargne et de 10,4 % et 10,7 % au sein de celui des Banques Populaires.

Dans les activités d’épargne, « la baisse de la contribution de la gestion d’actifs a été en partie compensée par une bonne dynamique dans l’assurance, et ce dans les deux réseaux », a déclaré Laurent Mignon, directeur général de Natixis, lors de la publication des comptes trimestriels. La part des unités de compte dans la collecte nette s’est élevée à 37 % sur les neuf premiers mois de l’année. Conscient, comme les autres acteurs, du risque sur les fonds en euros dans le contexte actuel de taux bas, « Natixis mène une stratégie particulièrement agressive auprès des réseaux dans les unités de compte (UC) », relève Cyrille Chartier Kastler, qui souligne que la banque pousse aussi fortement l’activité patrimoniale, davantage consommatrice d’UC.

Rééquilibrage vers plus de risques

En assurance-vie, la collecte nette enregistrée par Natixis s’élevait à 1,8 milliard d’euros à fin septembre, dont 900 millions d’euros générés grâce aux affaires nouvelles avec les Caisses d’Epargne. « Cette collecte a été réalisée alors que le déploiement de l’offre au sein du réseau, qui a constitué un chantier majeur depuis janvier, n’est intégralement opérationnelle que depuis mi-octobre. Nous visons dès 2017, en année pleine, des souscriptions annuelles de 4 à 5 milliards d’euros », indique à L’Agefi Hebdo Jean-François Lequoy, patron des activités d’assurance chez Natixis.

Les lignes ont également bougé depuis le début de l’année dans d’autres métiers. Avec la reprise de 34 % de l’activité nouvelle en assurance des emprunteurs conjointement avec CNP (qui avait auparavant une large part de cette activité), « Natixis va pouvoir rééquilibrer progressivement son activité vers davantage de risques, ce qui est positif car plus rémunérateur, développe Cyrille Chartier Kastler. L’épargne, sur laquelle Natixis est historiquement très, voire trop présente, se révèle en outre plus gourmande en fonds propres dans le cadre de Solvabilité 2. »

En assurance-dommages, prévoyance et emprunteur, Natixis Assurances a affiché une belle performance, marquée par une hausse de 9 % de l’activité sur neuf mois. « Cette croissance se révèle soutenue. Si tout dépend de la maturité de l’acteur, la croissance moyenne d’un bancassureur tourne aujourd’hui plutôt autour de 5 % à 7 % », informe Cyrille Chartier Kastler. « Notre objectif en assurance non-vie est de faire croître le taux d’équipement des clients de BPCE », rappelle Jean-François Lequoy. Alors que ce rapport était de 1 client équipé sur 5 en 2013, il est aujourd’hui de 1 sur 4 et a vocation à atteindre 28 % d’ici fin 2017. « Nous bénéficions pour ce faire de notre position de bancassureurs, qui gagnent des parts de marché par rapport aux assureurs classiques en capitalisant sur leur relations de proximité dans la banque avec leurs clients et d’un effet de rattrapage par rapport à des acteurs plus anciens sur ce marché », explique le patron des activités assurance.

Les partenariats avec CNP incluent également les domaines de la prévoyance collective, de la dépendance et de la garantie du locataire. Il est toutefois encore trop tôt pour que les différentes évolutions d’activité se reflètent dans les comptes de Natixis. « Cela se fera de manière progressive », indique Cyrille Chartier Kastler. En assurance-emprunteur par exemple, il faudra environ huit ans, ce qui correspond à la durée moyenne effective d’un crédit immobilier, pour que les contrats se renouvellent.

BPCE, qui entend se positionner comme un « bancassureur de plein exercice », a vocation à affirmer sa place au sein du marché. « Le modèle actuel va permettre au groupe d’aller plus loin que lors des accords précédents avec la CNP. Le Crédit Agricole est le premier bancassureur. Parmi les autres acteurs, le Crédit Mutuel se révèle très actif, mais ne bénéficie pas d’un réseau aussi étendu que BPCE », développe Cyrille Chartier Kastler. Selon lui, des banques telles que BNP Paribas et la Société Générale se montrent par ailleurs très vigilantes par rapport à Solvabilité 2 et jugulent dès lors la collecte, qui requiert aujourd’hui davantage de fonds propres.

Jean-François Lequoy, membre du comité de direction générale de Natixis, en charge des activités d’assurance.
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Jean-François Lequoy, membre du comité de direction générale de Natixis, en charge des activités d’assurance.
+9 % de croissance sur neuf mois pour le PNB de Natixis Assurances

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