Visa Europe clarifie ses relations avec les banques françaises

le 08/07/2010 L'AGEFI Hebdo

Une succursale et une association ont été créées en France. Tandis que les débats se poursuivent avec la Commission européenne.

C’est une partie d’échecs. Tandis que la Commission européenne devait achever, le 30 juin, sa consultation pour des commissions bancaires multilatérales d’interchange de Visa Europe plafonnées à 0,2 % des montants payés avec ses cartes à débit immédiat, l’association Visa Europe France se réunissait pour la première fois. « L’association a été créée le 27 mai pour disposer d’un lieu d’échange entre Visa Europe, qui a besoin de comprendre le marché local, et les onze banques membres principaux de Visa Europe en France sur des problématiques communes telles que la lutte contre la fraude, l’évolution des infrastructures, le sans-contact et le paiement mobile, etc. », explique Gérard Nébouy, executive director de Visa Europe France.

Des solutions à forte valeur ajoutée

Désormais, il faut donc distinguer cette structure associative, de réflexion, de la succursale française de Visa Europe. Début février, Visa Europe a en effet racheté Carte Bleue pour fusionner les deux entités. « La société Carte Bleue a été dissoute et ses actifs transférés à la nouvelle société, Visa Europe en France, le 1er mai », précise Philippe Menier, deputy chief executive officer de Visa Europe auquel rapporte Gérard Nébouy. Onze banques « principal members » sont ainsi en lien direct avec Visa et 160 autres y sont associées par leur intermédiaire. « La relation est clarifiée, estime Gérard Nébouy. L’équipe de ventes est moteur au sein de la succursale. Sur le plan marketing, nous pouvons répondre à la demande des banques, de l’étude de marché au lancement, selon les besoins et capacités internes de chacune. Il s’agit d’apporter des solutions à forte valeur ajoutée pour les commerçants et les consommateurs. »

L’organisation est la même dans chaque pays européen. « La succursale française emploie 100 personnes à Paris. Il n’y a pas eu de licenciements, souligne Philippe Menier. La cohabitation des structures antérieures est à comprendre historiquement par la nécessité pour les banques françaises de développer leur marché. Maintenant, leur champ s’élargit à l’Europe. Il n’était plus justifié qu’elles aient deux interlocuteurs. » De fait, la création d’un espace unique des moyens de paiements en euros (Sepa) change profondément les relations entre les différents acteurs des transactions par cartes. Sans pour l’instant, en fait, les simplifier. Car pour satisfaire la Commission européenne qui veut « une carte bancaire européenne » qui concurrence le duopole Visa et MasterCard, les banques françaises sont devenues moteur du projet baptisé Monnet : trente établissements de onze pays de l’Union ont décidé de lancer une étude de faisabilité et de rentabilité d’un nouveau système de ce type.

Les résultats sont attendus pour la fin d’année. « Au-delà de la volonté politique, il faut voir si un nouveau système européen pourrait satisfaire les clients, ainsi que les règles sur le blanchiment, la fraude, etc., rappelle Philippe Menier. Visa Europe n’est pas hostile à cette concurrence et pourrait même accepter des accords pour que ces cartes puissent fonctionner partout dans le monde, mais nous savons l’importance des investissements nécessaires à la création d’un système et au ‘processing’. » Les banques aussi puisqu’elles sont membres de Visa Europe, devenu association pour revendiquer son identité propre vis-à-vis de la maison mère cotée à New York.

Pendant que les banques, dont on imagine mal qu’elles aient en cette période de crise les moyens d’investir une nouvelle fois dans un autre système de cartes, occupent ainsi le terrain,Visa Europe pourrait maintenant revenir à la charge auprès de Bruxelles sur le niveau de ses commissions d’interchange.

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