UniCredit impose un nouveau modèle à ses actionnaires historiques

le 26/11/2009 L'AGEFI Hebdo

Le groupe transalpin prévoit la fusion des cinq banques qu’il contrôle en Italie. Cette restructuration devrait voir le jour dans un an.

Le 16 novembre, UniCredit a obtenu le feu vert de ses actionnaires pour lancer son augmentation de capital (lire l’encadré). Or, cette recapitalisation entraîne une réorganisation interne profonde du groupe. L’objectif ? Créer une banque unique en incorporant au sein de la holding ses trois banques de détail italiennes (Unicredit Banca di Roma, Unicredit Banca, Banco di Sicilia), ainsi que ses banques privée et d’investissement (Unicredit Private Banking et Unicredit Corporate Banking). En assemblée générale extraordinaire, l’administrateur délégué Alessandro Profumo a dévoilé cette opération encore en voie de finalisation : « Le projet sera soumis pour approbation définitive au conseil d’administration de mars prochain, a-t-il annoncé. Cette ‘banque unique’ vise à améliorer la qualité du service pour nos clients et nous sommes convaincus que ce processus aidera à améliorer le résultat. » Ce projet, qui concerne aussi l’Autriche et l’Allemagne, va en effet permettre à UniCredit de simplifier son organisation et de réduire ses coûts. Mais le chiffre de 7.000 licenciements qui circulait a été démenti : « 3.800 départs anticipés à la retraite sont prévus, mais ils faisaient déjà l’objet d’un accord avec les syndicats, a assuré le patron du groupe. Il n’y aura pas de nouveaux licenciements. »

Révolution copernicienne

« La possibilité de tout rationaliser en créant une seule structure où sera concentré l’ensemble des activités de back-office est une bonne opération, estime un analyste. Cela n’enlèvera rien à la segmentation d’UniCredit et lui permettra de gagner en efficacité. » De fait, UniCredit a maintenu au fil des acquisitions, depuis sa création en 1998, une structure sociétaire éclatée, héritage historique d’une particularité toute italienne : la présence au sein de son capital des « fondations bancaires », ces entités juridiques créées au moment des privatisations pour séparer, dans les banques, activités sociales et crédit. Devenues propriétaires d’un grand nombre d’établissements bancaires, ces fondations ont dû depuis réduire leurs participations, mais sont restées influentes. « Elles comptent parmi les principaux actionnaires d’UniCredit, qui a été contraint, pour leur assurer des postes, de maintenir en place près de sept sièges sociaux différents, de Turin à Palerme », souligne l’analyste.

Si le management peut aujourd’hui leur imposer une rationalisation, c’est que les augmentations de capital lancées cette année vont diluer leur participation. Par ailleurs, les fondations n’ont pas touché de dividendes l’an dernier... Et puis, comme le note Marco Selva, secrétaire du syndicat Fisac/Cgil UniCredit Banca : « Si, auparavant, on pouvait se permettre de dupliquer les conseils d’administration et autres entités juridiques, ce n’est plus possible aujourd’hui. La crise a aussi fait comprendre à la banque qu’elle devait changer d’approche dans ses processus de contrôle et dans ses politiques commerciales. Avec ce projet, elle va introduire ‘un nouveau modèle de service’ avec un ancrage local plus fort et une attention majeure au client à travers une nouvelle culture d’entreprise plus attentive à la qualité. Une révolution copernicienne ! »

Une révolution également permise par l’arrivée à échéance des pactes d’actionnaires auxquels était lié le groupe depuis le rachat de Capitalia et de ses deux enseignes du sud de la péninsule, Banca di Roma et Banco di Sicilia. A cette date, le 1ernovembre 2010, naîtra une « banque unique » qui devrait donner une importance stratégique aux territoires, avec la mise en place de sept « super-managers », et s’orienter davantage vers les petites et moyennes industries et les ménages.

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