Swiss Life France prend une longueur d’avance avec son offre bancaire

le 08/04/2010 L'AGEFI Hebdo

SwissLife Banque Privée a atteint ses objectifs auprès d’une clientèle à « fort potentiel d’épargne ». Et sa maison mère poursuit ses efforts de rentabilité.

L’année 2010 débute sous les meilleurs auspices pour SwissLife Banque Privée, avec une collecte nette de 48 millions d’euros sur les deux premiers mois. L’an dernier, cette filiale (à 60 %) de l’assureur éponyme avait collecté 240 millions d’euros, permettant à ses encours de passer de 1,8 milliard fin 2008 à 2,5 milliards, hors actifs du groupe. Elle a ainsi atteint son objectif prévu pour 2010 de doubler sa taille de 2007, étalonnée à 1 milliard d’euros d’actifs sous gestion.

Et a servi l’ambition de Swiss Life France d’« être à l’assurance ce que la banque privée est à la banque ». La filiale a en effet pris son essor il y a trois ans lorsque l’assureur s’est associé à Viel (lire l’encadré), puis a réalisé des opérations ciblées telles que l’acquisition de 80 % de la société de conseil en gestion de patrimoine Financière du Capitole en 2008. Swiss Life France s’est ainsi ménagé une place dans la gestion patrimoniale avec une approche alternative centrée sur l’assurance vie, tout en ayant une offre bancaire.

« Assureur gestion privée »

Cet « assureur gestion privée », pour reprendre ses termes, est de fait doté d’une part de clientèle aisée de 22 % dans son portefeuille d’assurance vie, contre 11 % en moyenne sur le marché. Et c’est pour elle qu’il doit innover. Il propose ainsi des unités de compte structurées, dans le cadre de ses contrats d’assurance vie ou sur les comptes-titres de sa banque privée, à ses clients avisés qui souhaitent diversifier leurs placements.

En 2010-2012, Swiss Life France continuera cette politique (produits structurés, annuités variables, avenants de réorientation d’épargne...) qui répond aux objectifs du programme global « Milestone » exposé par sa maison mère à Zurich fin 2009. Dans ce même cadre, SwissLife Banque poursuivra pour sa part sa démarche de multidistribution, qu’elle considère comme « à la fois un levier de croissance et un atout pour servir les clientèles haut de gamme », avec ses conseillers en gestion de patrimoine (CGP), les réseaux propriétaires du groupe et ses partenaires dont les CGP indépendants qui représentent la moitié de la collecte en 2009.

Toujours en ligne avec « Milestone », Swiss Life France doit en outre préserver sa compétitivité. Sa filiale bancaire est au diapason. « Après une perte de 5,5 millions d’euros en 2008, nous avons atteint l’équilibre en 2009 avec un an d’avance sur notre plan de marche », souligne Bertrand Ledoux, directeur général de SwissLife Banque Privée. Ce malgré un premier semestre en pertes. En 2009, la banque s’est concentrée sur son programme de restructurations, lié à ses acquisitions successives, notamment la fusion de ses différents systèmes d’information (L’Agefi Hebdo du 28 janvier 2010). De quoi économiser 2 millions d’euros cette année. « En 2010, nous allons continuer à réduire nos charges opérationnelles, précise Bertrand Ledoux. Nous enregistrerons les pleins effets de notre plan. »

Acquisitions

Ainsi, la banque pourrait finir l’année avec un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros, selon Viel, et un résultat de 2,5 millions selon Swiss Life France. En outre, d’éventuelles acquisitions pourraient encore la renforcer. On avait cité l’assureur parmi les candidats au rachat de Dexia Epargne Pension qui, bien implanté sur le segment de la clientèle haut de gamme grâce à ses partenariats de distribution (banques privées, sociétés de gestion et plates-formes de CGPI), aurait profité à SwissLife Banque. BNP Paribas Assurance l’a finalement emporté. « Nous n’excluons pas la croissance externe, confirme Patrick Combes, PDG de Viel & Cie. On nous a sollicités sur des dossiers qui n’étaient pas inintéressants. » Charles Relecom, président de Swiss Life France, précise toutefois plutôt viser « des petits dossiers ».

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