L’avis de… Pierre Blanc, associé au sein du cabinet de conseil Athling Management

« La réforme du taux d’usure va impacter la rentabilité du crédit »

le 04/02/2010 L'AGEFI Hebdo

Quel peut être l’impact de la révision du taux d’usure ?

Le changement des conditions d’application des taux d’usure devrait modifier radicalement les politiques de distribution du crédit, voire le modèle économique des acteurs du crédit à la consommation. Actuellement, le taux d’usure est défini selon le type de crédit et selon les montants concernés. Ce taux peut monter jusqu’à 20 % pour le crédit renouvelable. La réforme envisage désormais de définir ce taux par tranches de montant. En le ramenant par exemple à 14 % ou 15 %, l’économie du crédit et sa rentabilité vont être directement impactées. Dans des fourchettes de cet ordre, le crédit renouvelable serait certainement cantonné à des montants inférieurs à 6.000 euros.

Comment vont-ils s’adapter ?

Si les marges se réduisent de manière significative sur certains types de produits, cela aura une conséquence directe sur leur distribution, à savoir leur éviction de la gamme. A contrario, les prêteurs auront peut-être la possibilité d’augmenter leurs taux sur les prêts personnels. Donc selon l’amplitude des taux d’usure, on pourrait assister à un transfert d’une partie des crédits renouvelables vers les prêts personnels. Quoi qu’il en soit, les acteurs auront à réfléchir au positionnement de leur gamme et aux canaux de distribution.

Pourraient-ils envisager de lancer de nouvelles offres ?

Des spécialistes du crédit se positionnent peu à peu comme des banques plus traditionnelles pour capter de l’épargne. Cette démarche prendra toutefois du temps, mais elle aura un effet vertueux dans le sens où elle permettrait d’avoir une meilleure visibilité sur le comportement des clients et des ressources financières moins chères. Ces questions se posent aussi chez les acteurs spécialisés dans le crédit automobile.

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