L’avis de… Chris Waterman, managing director assurances chez Fitch Ratings

« Un réel redémarrage de la titrisation »

le 23/09/2010 L'AGEFI Hebdo

Comment évolue le marché de la titrisation ?

Après la faillite de Lehman Brothers en 2008, ce marché était quasiment fermé. Aujourd’hui, nous constatons un réel redémarrage. Preuve de l’appétit des compagnies, les volumes d’émissions d’obligations catastrophes (cat bonds) ont augmenté significativement. Au premier semestre 2010, dix opérations ont été réalisées pour un total de 2,4 milliards de dollars, contre un peu plus de 3 milliards sur l’ensemble de l’année 2009. Pour 2010, nous tablons sur 4 à 6 milliards de dollars d’opérations, soit autant qu’en 2006 mais moins que le record de 2007 (7 milliards).

Quelles sont les principales difficultés sur ce marché ?

Bien que la titrisation constitue un complément naturel à la réassurance traditionnelle, les cat bonds sont spécialement conçus en fonction des besoins des assureurs. Ce sont donc des opérations qui sont relativement chères à monter et nécessitent la mobilisation d’importantes ressources. La mise en œuvre de la directive européenne Solvabilité II pourrait donner davantage d’opportunités à la titrisation car les opérations sont souvent entièrement collatéralisées et exigeraient donc, de la part des assureurs, moins de capital pour couvrir le risque de crédit que la réassurance traditionnelle.

Notez-vous un changement parmi les investisseurs ?

Longtemps, les assureurs et les réassureurs ont été les principaux investisseurs. Aujourd’hui, on voit de nouveaux intervenants : sociétés de private equity, banques de financement et d’investissement, fonds de pension. En outre, certains cat bonds peuvent aujourd’hui être davantage structurés par le biais de tranches, chacune ayant sa notation propre. C’est un phénomène qui crée une base plus importante d’investisseurs potentiels.

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