Pifométrie

le 26/11/2009 L'AGEFI Hebdo

Le « poulpe géant », comme le magazine Rolling Stone a baptisé Goldman Sachs, nage en eaux troubles. La grande majorité des 750 milliards de dollars composant le portefeuille d’actifs ne sont pas valorisés au prix de marché, mais à une valeur de modèle, comme le permet la juste valeur en l’absence de prix observables sur un marché. Ainsi, il apparaît que seulement 12 % des actifs sont valorisés à la valeur de marché. Le reste se répartit entre des actifs de niveau 2 (78 %) valorisés à partir de paramètres observables et des actifs de niveau 3 (10 %) comptabilisés à partir de modèles développés en interne. Les hypothèses à partir desquelles sont développés ces modèles sont aléatoires et hautement manipulables. Une marge d’erreur de 1 % sur les modèles valorisant les actifs de niveaux 2 et 3 équivaut à deux fois le résultat net du troisième trimestre. Il suffirait d’appliquer une marge d’erreur de 2,5 % sur les actifs de niveaux 2 et 3 pour régler les 17 milliards de bonus que la banque a déjà provisionnés dans le but de les distribuer à ses salariés en fin d’année.

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