Entretien avec… Mary-Carol Harris, en charge du paiement mobile chez Visa Europe

Le modèle économique reste à préciser

le 26/11/2009 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi le paiement mobile met-il autant de temps à arriver en France ?

Plusieurs pilotes et même des programmes commerciaux sont en cours en Europe, où les réseaux d’acceptation se sont construits peu à peu. En France, au-delà des expérimentations sans contact, sous l’égide notamment de l’association Payez Mobile, il reste à créer un vrai réseau d’acceptation sans contact qui permettra l’avènement du paiement mobile. Mais peu de téléphones NFC (near field communication) sont encore disponibles. Si la technologie fonctionne aujourd’hui, car beaucoup de progrès ont été réalisés dans la définition de standards, il manque un modèle économique clair pour tous les acteurs.

Qu’est-ce qui permettra de le définir ?

La France a choisi un modèle collaboratif avec les opérateurs mobiles, les banques, et bientôt d’autres fournisseurs d’applications. Visa Europe peut contribuer à les faire travailler ensemble, mais cela reste un modèle complexe. La carte sans contact est plus facile à appréhender car elle sert uniquement au paiement, mais dans le cas du téléphone mobile, c’est l’opérateur télécoms qui loue un espace sur la carte SIM aux banques, aux transporteurs et aux autres fournisseurs. Le modèle économique en devient plus complexe car plus d’acteurs se partagent la valeur, nécessitant d’en multiplier les sources. Du point de vue du marchand, il doit investir dans une infrastructure unique pour le paiement sans contact, par carte ou par téléphone.

Quel niveau d’interchange sera appliqué au paiement sans contact, carte ou mobile ?

En France, c’est au GIE Carte Bancaire de le définir, Visa Europe n’intervient pas dans ce choix. Au Royaume-Uni, où 7 millions de cartes Visa sans contact seront diffusées à la fin de l’année, les banques ont choisi d’appliquer un niveau d’interchange moins élevé que pour les paiements classiques afin d’inciter consommateurs et marchands à l’utiliser, et ainsi développer le volume de transactions. S’agissant du paiement mobile, le pilote réalisé à Londres avec la carte Oyster (paiement et transport) a été lancé en parallèle des cartes sans contact, et a remporté un vif succès. De même, en France, les testeurs ont beaucoup apprécié. La demande est là, il reste à préciser le business model, déployer l’infrastructure et proposer aux consommateurs les téléphones mobiles adaptés.

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