L'avis de... Vasilis Katsipis, general manager de l’agence de notation AM Best

« L’approche de Prudential est beaucoup plus risquée »

le 25/03/2010 L'AGEFI Hebdo

Comment expliquer les stratégies d’expansion divergentes des assureurs britanniques Aviva et Prudential ?

Ces deux acteurs n’ont fait que réaffirmer des stratégies qu’ils poursuivent depuis déjà quelque temps. Jusqu’à présent, Prudential tirait un tiers de ses profits de l’Extrême-Orient. Une fois le rachat des opérations asiatiques d’AIG finalisé, 60 % des profits engrangés par cet assureur proviendront de cette région. De son côté, Aviva a parié sur le marché européen et en particulier sur les pays de l’Europe de l’Est. C’est d’autant plus vrai depuis l’automne dernier lorsqu’il a décidé de réunir sous une même ombrelle ses douze activités européennes, à l’exception du Royaume-Uni et de Delta Lloyd.

Pourquoi ces deux assureurs ont-ils tenté de se rapprocher début 2006 ?

S’il est exact qu’ils ont voulu fusionner, il s’agissait plutôt d’une opération visant à rapprocher deux sociétés aux opérations géographiques complémentaires, Prudential ayant une présence significative aux Etats-Unis, ce qui est moins le cas d’Aviva.

Quels sont les risques des stratégies de chacun ?

Il est évident que l’approche de Prudential est beaucoup plus risquée. Le rachat des opérations asiatiques d’AIG va littéralement le transformer, dans la composition de son capital, mais aussi dans son profil même d’entreprise. Cette fusion n’est pas non plus dépourvue de risques opérationnels, sans parler de la possibilité de perdre de la main-d’œuvre de qualité. Quant à Aviva, s’il faut lui reconnaître sa capacité à nouer des partenariats intéressants dans les pays européens, le potentiel de croissance dans ces marchés n’est pas exponentiel.

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