Croisade

le 26/08/2010 L'AGEFI Hebdo

Renforcer la représentation des investisseurs et des consommateurs dans le secteur financier : ce n’est pas le moindre des défis que devra relever le commissaire européen Michel Barnier s’il veut réaliser son ambition de « forger un nouveau contrat entre la société et la finance ». A Bruxelles, la représentation des utilisateurs de services financiers repose sur les épaules du Bureau européen des Unions de consommateurs (BEUC) qui, avec une équipe de moins de 50 personnes, doit couvrir absolument tous les champs de la politique européenne. Une tâche impossible. FIN-USE, le groupe d’experts constitué par la Commission, survit avec quelques milliers d’euros de budget annuel. « La sous-représentation des investisseurs est dramatique », explique Ieke van den Burg, ancienne député européenne. Avec le BEUC, eurInvestors.org, EuroSharHolders et Uni Europa Finance, le syndicat européen du secteur financier, elle a écrit à Michel Barnier pour proposer la création d’un « centre d’expertise pour les parties prenantes autres que les prestataires de services ». « Il faut dix à quinze personnes ayant une vraie expertise », dit-elle. Ce qu’elle estime possible avec un budget de 5 à 10 millions d’euros par an. L’objectif : ne plus faire de la compétitivité de l’industrie financière l’ultima ratio de la régulation. « Il faut que quelqu’un analyse les projets réglementaires du point de vue de l’économie réelle », dit-elle.

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