Crédit Mutuel plus que jamais en pointe sur les nouvelles technologies

le 01/04/2010 L'AGEFI Hebdo

Ses récentes acquisitions renforcent le groupe mutualiste dans le crédit à la consommation et le dote d’outils d’avenir.

C’est sûr, Crédit Mutuel a acquis une dimension internationale nouvelle. Avec le rachat de Citibank Allemagne, rebaptisé TargoBank en février, puis de la filiale du groupe 3 Suisses, Cofidis, par CM5-CIC (la plus importante des trois caisses interfédérales représentant les deux tiers du résultat net global), sa part d’activité à l’étranger est passée de 5 % en 2008 à 17 % en 2009. Mais la confédération du Crédit Mutuel est loin de l’expansion d’autres français (55 % des revenus de Crédit Agricole sont internationaux). Et ne cherche pas à rivaliser en croissance externe. « On nous a soumis des dossiers. Cela s’arrête là », affirme Michel Lucas, son directeur général. « Les occasions d’acquisitions se sont présentées avec la crise », rappelle Etienne Pflimlin, président du Crédit Mutuel. « Nous y sommes allés à notre rythme et avec nos fonds propres comptables disponibles », insiste Michel Lucas.

Crédit Mutuel s’est ainsi propulsé au quatrième rang européen du crédit à la consommation, derrière le trio BNP Paribas-Crédit Agricole-Santander. Sur 33,4 milliards d’euros d’encours à fin 2009 (+23,5 % en un an), 17 milliards viennent de ses nouvelles entités. Il est donc parvenu à ses fins, après avoir digéré son échec de 2005. Il était alors entré au capital des Galeries Lafayette pour forcer le groupe à des accords sur les crédits, cartes et gestion de flux de paiements de sa filiale Cofinoga. « On avait envisagé de plonger sur les Galeries Lafayette, reconnaît Michel Lucas. Cela c’est quand même terminé avec une plus-value. »

Des capacités renforcées

Mais aujourd’hui, le contexte n’est plus le même. Le projet de « loi Lagarde » vise en particulier les spécialistes des crédits renouvelables développés avec les enseignes de grande distribution ou de vente à distance, tels Cofidis ou Laser Cofinoga. Or, leur activité chute : la production des établissements spécialisés baisse encore de 12,4 % sur les crédits renouvelables en janvier-février 2010 comparé à celle de la même période de 2009, selon les chiffres de l’Association française des sociétés financières. Et les risques montent de toutes parts. Sur l’ensemble des prêts accordés par Crédit Mutuel, « nous enregistrons une hausse des crédits fragiles pour 2,4 milliards d’euros, admet Etienne Pflimlin. C’est pour moitié lié à une politique de provisionnement des risques très différente de la nôtre chez TargoBank et pour le reste à la dégradation économique ». Le président du Crédit Mutuel, opposé à un « fichier positif, lourd et inquisitorial », estime que l’on ne pourra parler de la fin de la crise économique que « lorsque le chômage commencera à baisser. »

Les récentes acquisitions du Crédit Mutuel offrent toutefois d’autres avantages, l’objet n’étant pas de les intégrer comme le CIC (repris en1998). « TargoBank reste allemande, même si son informatique est intégralement récupérée, précise Etienne Pflimlin. De même, l’activité de Cofidis, accrochée à la vente par correspondance, n’a pas vocation à être intégrée dans le réseau. » Pour Michel Lucas, outre ses 8 % de part de marché dans le crédit à la consommation allemand ou son activité de cartes de paiement, c’est la plate-forme informatique de TargoBank qui est attractive : « En fin d’année, elle va revenir à Lille et nous offrir une capacité beaucoup plus internationale », indique-t-il. Si on ajoute les savoir-faire et technologies du spécialiste du crédit à la consommation à distance Cofidis ou de la banque en ligne Monabanq (dont le rachat a été validé par Bruxelles en septembre) aux développements dans la monétique ou les canaux à distance du groupe, son expertise dans les nouvelles technologies, « au cœur de sa stratégie », apparaît significativement renforcée. Elle s’illustre ainsi du côté de CM5-CIC mais également de l’ensemble interfédéral de l’ouest, Arkea, qui a créé un pôle « services et technologies », proposant même ses prestations à l’extérieur, après le rachat fin décembre de la société Monext dédiée à la monétique. Dans ce domaine, la confédération du Crédit Mutuel bénéficie de la deuxième place en France, avec 20,1 % du marché global, et fait par ailleurs figure de précurseur dans l’internet bancaire, le paiement mobile et le « sans contact ». Ce qui n’est pas contradictoire avec sa tradition de proximité dans les régions, au contraire selon ses dirigeants.

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