L'avis de... Philippe Tescher, directeur, et Frédéric Perrin, associé responsable de la « practice » cartes et paiements, Exton Consulting

« La DSP 2 donne des idées à de nouveaux acteurs »

le 19/06/2014 L'AGEFI Hebdo

« La DSP 2 donne des idées à de nouveaux acteurs »
Philippe Tescher (g), directeur, et Frédéric Perrin (d), associé responsable de la « practice » cartes et paiements, Exton Consulting
(DR)

Quel est le principal changement de la DSP 2* ?

Elle va obliger certains acteurs à se faire agréer, à commencer par les opérateurs télécoms qui initient des opérations de paiement et qui, obligés de constituer un dossier d’agrément en tant qu’établissement de paiement (EP), pourront développer de plus grandes ambitions sur ce marché dès lors qu’ils auront créé une filiale dédiée. Au-delà des télécoms, la DSP 2 pourra donner des idées à de nouveaux acteurs. Après une première vague d’agréments d’EP constitués souvent de start-up innovantes exerçant sur des niches, on constate l’arrivée de grandes entreprises du retail comme Super U qui préfèrent créer une filiale spécialisée dans le paiement à moindre coût plutôt que de constituer un établissement de crédit. Crédit Mutuel Arkéa et Natixis Paiements se sont clairement positionnés au service de ces nouveaux entrants.

Quel est l’intérêt pour ces grandes entreprises de réaliser des services de paiement ?

C’est une opportunité d’optimiser leurs coûts d’acceptation et d’acquisition (commissions d’interchange) grâce à une captive dédiée comme peuvent le faire certains acteurs de la grande distribution via leur captive de crédit. Ce statut leur permet d’être seul au capital de cette entité pour être pleinement maître des investissements et de la valeur générée, ce qui pourrait aussi intéresser les intervenants disposant d’une captive de crédit. La question de l’optimisation se pose pour toute entreprise qui encaisse de gros volumes de paiement. Nous pensons que 10 % à 15 % du marché pourrait être concerné. Néanmoins, le métier du paiement nécessite des compétences pointues dans la maîtrise des risques, des enjeux informatiques et de la réglementation.

La normalisation européenne constitue-t-elle un avantage pour ces acteurs ?

C’est le cas avec le projet Oscar (Open Standards for Cards) dans lequel s’est engagé le Groupement CB, annonçant sa migration vers une norme unifiée au niveau européen, facilitant ainsi l’interopérabilité des systèmes de paiement par cartes nationaux, et permettant des économies substantielles. Cela permettrait en outre de lutter contre l’hégémonie de Visa et de Mastercard. Oscar fait converger les intérêts des systèmes de paiement nationaux et des grandes entreprises européennes.

*Directive Services de paiement

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