Geoffrey Wood, professeur de finance à la Cass University à Londres

« La réforme réglementaire reste la principale réalisation de Cameron »

le 24/04/2014 L'AGEFI Hebdo

« La réforme réglementaire reste la principale réalisation de Cameron »

Que faut-il retenir des quatre dernières années sur le plan des questions financières et bancaires ?

La réforme du système de réglementation britannique reste à ce jour la principale réalisation accomplie par l’équipe de David Cameron. La division entre les deux départements que sont la PRA et la FCA, l’une dédiée à la stabilité du système financier et l’autre à la bonne conduite des entreprises bancaires, a en effet beaucoup plus de sens que la répartition précédente. Car avoir ces deux départements sous le même toit, comme c’était le cas dans la division tripartite, allait nécessairement causer à terme une déconnexion d’intérêts entre les deux : le succès de la division actuelle, même si elle ne garantit pas de manière certaine l’impossibilité d’une nouvelle crise, a au moins le mérite d’aligner les motivations de ces régulateurs. On peut aussi apprécier les tentatives de simplification introduites par le gouvernement britannique dans son désir de séparer la banque de détail de la banque d’investissement. Ce projet, qui semble à première vue réalisable dans le cas des plus grosses banques du pays, n’a cependant pas encore été testé, et on ne peut qu’émettre des suppositions sur sa faisabilité.

Quel est votre point de vue sur la gestion des banques nationalisées telle qu’elle a été orchestrée par le gouvernement en place ?

Même si l’on peut être déçu par la lenteur du processus, le bilan de Lloyds Banking Group a maintenant été correctement nettoyé, tandis que celui de RBS évolue aussi dans la bonne direction. Le traitement de ces banques peut néanmoins poser quelques questions. Dans un contexte de forte volatilité des profits – à la hausse ou à la baisse –, la banque d’investissement a toujours constitué outre-Manche un élément de stabilisation des banques commerciales, traditionnellement fortement exposées aux prêts immobiliers. Si ces banques de dépôt devaient être amenées à répéter les erreurs du passé, ce qui paraît improbable, mais on ne sait jamais, les banques d’investissement pourraient bien ne plus être suffisamment importantes pour compenser les pertes occasionnées par ces établissements. 

A lire aussi