L'avis de... Laurent Quignon, responsable économie bancaire chez BNP Paribas

« Pas de craintes fortes sur les banques françaises »

le 17/04/2014 L'AGEFI Hebdo

« Pas de craintes fortes sur les banques françaises »

Quels sont les sujets d’inquiétude des banques françaises, en lien avec l’AQR ?

Il n’y a pas de craintes fortes sur des provisions supplémentaires que des banques françaises pourraient être amenées à passer à  la suite des stress tests. Une source de préoccupation est le traitement qui sera réservé aux prêts immobiliers, les banques françaises se fondant davantage que celles d’autres pays sur les revenus et la capacité de remboursement de l’emprunteur et moins sur la garantie constituée par le bien financé. Résultat, dans le cadre d’une méthodologie commune, ce dernier critère pourrait être surpondéré au regard des pratiques françaises. Espérons que le superviseur se montrera pragmatique pour tenir compte des spécificités des systèmes bancaires.

Que penser de l’exclusion des risques de litiges demandés par les banques allemandes ?

Les risques juridiques sont toujours difficiles à évaluer, car cela revient ni plus ni moins à anticiper la décision d’un tribunal souverain. Ainsi, la Réserve fédérale a bien proposé une évaluation du coût maximal du risque juridique pour les banques américaines mais, consciente des limites, elle n’en a nullement fait un paramètre de son scénario de stress.

L’objectif de restaurer la confiance est-il en bonne voie ?

La Banque centrale européenne a déjà appelé les gouvernements à mettre en place des fonds nécessaires à une éventuelle recapitalisation des banques, avant la publication des résultats. Cette exhortation, intervenue en début d’année, est de nature à rassurer les marchés sur la crédibilité de l’exercice.

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