Londres poursuit son offensive dans les technologies financières

le 17/04/2014 L'AGEFI Hebdo

Après une première édition réussie, le programme FinTech Innovation Lab a été réédité à Londres, avec des attentes accrues envers les entreprises en compétition.

Les équipes de sept start-up bénéficieront du soutien de banques partenaires.
Les équipes de sept start-up bénéficieront du soutien de banques partenaires
(DR)

Londres poursuit son ambition de s’imposer sur le secteur des technologies financières. Le 26 mars dernier, la capitale britannique a en effet accueilli la deuxième édition du FinTech Innovation Lab Investor Day, une journée dédiée à la présentation de sept start-up venues des quatre coins de l’Europe devant des investisseurs potentiels. Au préalable, les entreprises finalistes, sélectionnées à l’automne dernier parmi 80 candidatures (40 % en provenance du Royaume-Uni et deux entreprises françaises), avaient reçu un mentorat de douze semaines à Londres de la part des 12 banques partenaires de ce programme (Citi, Barclays, Lloyds Banking Group, Goldman Sachs, etc.), géré par Accenture.

Pour accéder à ce laboratoire, les start-up devaient répondre à un certain nombre de critères : « Les entreprises sélectionnées doivent avoir une bonne chance de réussir, un produit en place et une direction déjà expérimentée dans la gestion d’entreprises », explique Julian Skan, managing director au sein d’Accenture. Les frais de déplacement et d’hébergement à Londres doivent aussi être pris en charge par les start-up candidates. « A la différence de l’an dernier, les mentors se sont montrés beaucoup plus durs avec les entreprises en leur demandant de prouver en quoi elles se différenciaient des projets existants sur le même secteur  », explique Julian Skan. L’édition 2014 a rassemblé des entreprises aux domaines d’activités bien différents : de la sécurité à la conformité, en passant par la gestion de données et les paiements mobiles. Créé en 2012, PixelPin a l’ambition de remplacer les codes pin et mots de passe traditionnels par l’utilisation de photos. L’image est aussi au cœur de la technologie de PhotoPay, une société fondée en 2013 qui souhaite simplifier les paiements de factures sur mobile en permettant de scanner les factures papier et de les payer en un seul clic. Quant à Erudine, dont la technologie provient de l’univers de l’aéronautique, le cœur de métier consiste à automatiser la création de contrôles internes afin de mieux s’adapter à un univers réglementaire en constante évolution.

Projets prioritaires

Le millésime 2014 peut espérer parvenir au même résultat atteint par celui de 2013 : au total près de 10 millions de dollars ont été levés par les sept starts-up sélectionnées en 2013, dont les revenus ont augmenté en cumulé de 140 % et dont le nombre de salariés a progressé de 41 % au cours des neuf derniers mois. James Chappell, responsable informatique de Digital Shadows, l’une des start-up finalistes l’an dernier et spécialisée dans la gestion du risque réputationnel, a profité de la seconde édition du FinTech à Londres pour faire un bilan : « Quand nous sommes arrivés au stage, nous voulions exploiter sept approches différentes, ce qui était bien trop ambitieux et, grâce au ‘mentoring’ des banques, nous avons fini par nous concentrer sur deux propositions centrales. » Depuis son passage à FinTech, la société a multiplié ses revenus par quatre et recruté huit nouveaux salariés.

FinTech, qui en est à sa quatrième édition à New York, ambitionne d’exporter le concept en Asie afin d’en accroître l’impact : « Une miniversion de l’événement à Paris est aussi en réflexion pour les prochaines années », explique Julian Skan. Mais, dans l’intervalle, le Royaume-Uni continue de susciter un intérêt fort dans le secteur des technologies financières, avec la création de programmes dédiés. Partenaire du programme FinTech, Barclays a également lancé en décembre dernier, dans le cadre du plan Transform, développé sous la houlette de son directeur général, Antony Jenkins, the Barclays Accelerator, un programme similaire à celui du FinTech Innovation Lab et destiné à sélectionner une dizaine de start-up dans le secteur financier : « Nous avons pris conscience que, pour devenir la banque de référence, il fallait que nous développions des contacts privilégiés dans l’univers des start-up », explique Derek White, chief design officer de Barclays.

A côté d’une impulsion très nette du secteur privé, les organismes publics britanniques s’engagent aussi de plus en plus dans ce secteur. Créé il y a tout juste un an, le Financial Services Trade and Investment Board, une organisation placée sous l’égide du Trésor et réunissant acteurs de l’industrie et administrations d’Etat, a identifié les technologies financières parmi les projets prioritaires pour cette année. Et pour cause : parmi les 7 milliards de livres investis en 2012 à travers le monde dans les technologies financières, 1,9 milliard de livres l’ont été outre-Manche en 2012.

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