L’avis de... Gwenaël Le Boulay, directeur associé, et Valérie Villafranca, senior executive, BCG

«Renforcer les dispositifs de gestion des données»

le 03/07/2014 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi les travaux sur les stress tests sont-ils si difficiles ?

D’abord en raison de l’aspect technique de cet exercice qui nécessite de produire des données complexes. Ensuite, parce qu’il faut intégrer les résultats de l’AQR (asset quality review) qui n’est pas encore terminée. Enfin, parce qu’un élément clé des stress tests est d’évaluer la robustesse des activités des banques et leur capacité à générer des résultats, ce qui nécessite d’impliquer les équipes risques et finance mais aussi les équipes métiers. Le tout dans un temps assez court. C’est un véritable défi !

Comment s’organisent les banques pour y faire face ?

Elles ont mis sur pied des équipes transversales pour gérer ces exercices. Néanmoins, l’exercice actuel est très exigeant, notamment du fait de la granularité et de la nature des données demandées, que les banques n’ont pas toujours l’habitude de traiter. La difficulté réside aussi dans l’agrégation des données collectées et dans la projection du compte de résultat. La manière de prendre en compte les conséquences concrètes des scénarios édictés par l’EBA (récession, hausse des taux de refinancement…) n’est pas évidente, elle nécessite un travail approfondi et une justification précise des projections. De plus, le scénario adverse implique une crise longue dans laquelle aucune classe d’actifs n’est épargnée, ce qui est inhabituel.

Quelles conséquences les banques tireront-elles de cet exercice ?

Au-delà d’éventuels besoins de renforcement des fonds propres qui ne devraient concerner qu’un nombre limité d’établissements en Europe, beaucoup de banques ont rencontré des difficultés pour collecter, analyser et traiter les données demandées. Puisque ces exercices reviendront désormais régulièrement, il est indispensable de renforcer les dispositifs de collecte et d’agrégation des données mais également leur dispositif de pilotage en intégrant les aspects compte de résultat, solvabilité et liquidité et ce tant pour le scénario central budgétaire que pour les scénarios de stress.

A lire aussi