L’homme clé... Thierry Martel, directeur général de Groupama SA

« Un ratio combiné de 98 % en 2015 »

le 28/08/2014 L'AGEFI Hebdo

« Un ratio combiné de 98 %   en 2015 »
Thierry Martel, directeur général de Groupama SA
(DR)

Depuis octobre 2011, il œuvre au redressement de Groupama où il est entré en 1990. Mais pas question pour Thierry Martel, qui a succédé à Jean Azéma à la tête de l’organe central d’un groupe exsangue, de communiquer un quelconque plan stratégique. Il n’y en a pas eu de 2013 (année du retour aux bénéfices) à 2015 et il n’y en aura pas pour 2015-2017. L’assureur préfère présenter en comité central d’entreprise des points d’étape de sa « planification stratégique opérationnelle » (PSO), simple outil de gestion. Ses projections n’ont d’usage qu’interne et sont susceptibles d’être révisées chaque trimestre. Une prudence qui n’est pas au goût de tous, notamment parmi les représentants du personnel Gan qui craint la vente de son réseau (Gan Assurances) après celle de Gan Eurocourtage en 2012 (L’Agefi Hebdo du 1er novembre 2012).

A mi-année, Thierry Martel peut pourtant faire valoir des éléments « en ligne avec son programme stratégique ». Si le résultat net part du groupe est en baisse de 47 millions (à 140 millions d’euros) comparé au premier semestre de 2013 du fait de plus-values réalisées sur l’exercice précédent, il ne faut pas s’y tromper. Le retour à un résultat opérationnel positif du groupe (activités des caisses régionales et filiales consolidées dans Groupama SA) a été confirmé ce premier semestre. A 100 millions d’euros, soit près de quatre fois mieux qu’en juin 2013, il est porté par l’amélioration du ratio combiné de ses activités non-vie, à 98,5 % (-2,4 points). « La stratégie antérieure de croissance tous azimuts avec des tarifs très agressifs n’était pas tenable face à des coûts de distribution élevés », pointe Thierry Martel.

La restructuration de Groupama est achevée. Les coûts ont été réduits. Des cessions opérées « sauf quelques activités marginales telles que notre filiale portugaise », admet le directeur général qui estime qu’« il faut garder en interne les compétences en gestion d’actifs adéquates pour nos volumes et passer des partenariats en multigestion », de sorte que « le périmètre d’activités est stabilisé ». Des ambitions d’expansion passées il reste des activités internationales (environ 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre), essentiellement en Italie, en Turquie et en Hongrie, en croissance, mais aussi en Roumanie où l’activité recule. En assurance-vie, « nous cherchons à retrouver de la profitabilité en privilégiant les unités de compte (UC) moins contraignantes en termes de marges d’intermédiation et de besoin en capital, explique Thierry Martel. Sous Solvabilité 1, il faut 1 % de fonds propres pour les UC lorsqu’il en faut 4 % pour les compartiments en euro ». Au premier semestre, la part des UC a été portée à plus de 16 % des encours, contre 3 % il y a deux ans. « Nous travaillons notre stock, précise ce polytechnicien. Un tiers de la croissance provient de flux nouveaux. »

Groupama a par ailleurs cédé ses participations dans les sociétés cotées (Saint-Gobain en avril). « Dès lors que nous n’avons pas d’activité avec ces groupes et que le cours le permet, la décision de vendre est fondée », tranche Thierry Martel qui est sorti du capital de Société Générale il y a un an, mais a prolongé son engagement, jusqu’au 31 octobre 2015, dans Icade dont il contrôle 52,07 % via Holdco SIIC aux côtés de la Caisse des dépôts (à 75,07 %). Enfin, l’assureur a réussi à allonger la maturité de sa dette subordonnée, refinançant 1,1 milliard d’euros en mai.

Tous ces signaux positifs sont donc à confirmer au second semestre 2014 et dans les années à venir sur le plan de la solvabilité comme de l’activité qui ne pourra croître sans innovation, notamment numérique.

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