Plus de 30 nouveaux établissements financiers attendus au Royaume-Uni

le 11/09/2014 L'AGEFI Hebdo

Les régulateurs britanniques veulent favoriser la concurrence dans la banque de détail. De nouveaux acteurs sont déjà admis, d’autres en cours d’examen.

Plus de 30 nouveaux établissements financiers attendus au Royaume-Uni
Virgin Money enregistre d’ores et déjà une importante croissance de ses actifs.
(Bloomberg)

Une nouvelle fournée d’acteurs, mélange de filiales de banques étrangères et de novices nés sur le sol anglais, va arriver sur le marché bancaire britannique. Les régulateurs financiers locaux ont en effet donné avant l’été leur feu vert à cinq nouveaux établissements : Axis Bank, Union Bank of India, FCMB, UBA Capital et Paragon Bank. Actuellement, 25 autres dossiers sont à l’étude. L’objectif est de favoriser la compétition entre réseaux, alors que la banque de détail reste concentrée à 80 % dans les mains de quatre grands acteurs financiers : Barclays, HSBC, LBG et RBS (voir le tableau).

Pour y parvenir, les règles de liquidité et de capital ont été assouplies. Les nouveaux entrants doivent maintenant disposer d’un million de livres en capital, comparé à 5 millions auparavant. L’obtention des licences a également été facilitée tandis que ces établissements peuvent aussi accéder au funding for lending scheme (FLS), un dispositif de prêts de la Banque d’Angleterre (BoE) à des taux d’intérêt inférieurs à ceux du marché. Enfin, ces challengers ont pu bénéficier de la possibilité offerte au client depuis un an de changer de compte courant en sept jours. « Il est clair que pour des banques fournissant un service complet comme Metro Bank, la possibilité de changer rapidement de compte courant a apporté un soutien significatif et ces acteurs gagnent rapidement des parts de marché, explique Ian Gordon, analyste chez Investec Securities. D’autres, comme TSB, ont démarré leurs opérations avec de grosses parts de marché tandis que des acteurs comme Virgin Money, Aldermore et Shawbrook enregistrent une importante croissance de leurs actifs même en l’absence d’une offre sur les comptes courants.  »

Encore dans le rouge, Metro Bank ne cesse ainsi d’attirer de nouveaux clients et a ouvert 359.000 comptes, soit 80 % de plus qu’en 2013, avec des dépôts représentant 2 milliards de livres (2,5 milliards d’euros). Du côté des supermarchés, Tesco a finalement complété sa gamme de produits financiers en lançant courant juin une offre de comptes courants. Les bonnes surprises sont également venues des acteurs récemment cotés : spécialisé dans le buy to let, les prêts individuels et immobiliers, One Savings Banks a quadruplé ses bénéfices imposables semestriels et accru ses actifs à hauteur de 12 % à 4,2 milliards de livres. Echangée à 260 pence lors de son introduction en Bourse (IPO), l’action de TSB continue à faire beaucoup mieux que les autres bancaires. Les IPO vont d’ailleurs se poursuivre : W&G, Aldermore, la filiale britannique de Santander et Virgin Money devraient ainsi se frotter aux marchés boursiers au cours des deux prochaines années.

Particuliers et entreprises

Tout nouveaux sur la scène bancaire, ces acteurs ont l’avantage de bénéficier d’une image positive : « Non entachés par les scandales à répétition, ils présentent aussi le même degré de protection qu’un établissement traditionnel et sont souvent plus à même de s’engouffrer dans les services numériques car ils ne sont pas encombrés par les vieux systèmes informatiques de leurs aînées », estime un analyste. Mais en dépit de la mobilisation des pouvoirs publics, le paysage de la banque britannique peine à se transformer. « L’impact de ces nouveaux entrants en matière de comptes courants et de prêts immobiliers sur les acteurs établis reste immatérielle, reconnaît Ian Gordon, ce qui ne signifie pas que leurs stratégies respectives ou encore leurs modèles économiques n’ont pas de mérite. » Au total, Metro Bank, Tesco et TSB recouvrent une part de marché combinée proche des 5 %.

Faible chez les particuliers, la pénétration de ces acteurs reste également en dessous des attentes dans les PME. Selon une étude publiée cet été, la FCA et la CMA, les autorités de concurrence et des marchés, reconnaissaient ainsi les avancées d’acteurs comme Aldermore, Shawbrook ou Handlesbanken dans ce secteur. Mais ces progrès ne parvenaient pas à masquer le maintien de la prédominance des acteurs établis sur les 4,5 millions de clients PME : 85 % des comptes courants et 90 % des prêts professionnels sont encore contractés aujourd’hui auprès des quatre mêmes grandes banques qu’il y a 15 ans… L’autorité de la concurrence a donc décidé de lancer dès cet automne une enquête approfondie sur l’état du secteur bancaire britannique en examinant plus particulièrement les comptes courants personnels et professionnels. Les résultats ne seront pas connus avant au moins 18 mois.

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