L'avis de... Julian Skan, managing director chez Accenture, en charge de la supervision du FinTech Innovation Lab London

« Londres ne doit pas se reposer sur ses lauriers »

le 28/05/2015 L'AGEFI Hebdo

« Londres ne doit pas se reposer sur ses lauriers »

Comment expliquez-vous la capacité du Royaume-Uni et plus particulièrement de Londres à attirer les capitaux étrangers dans les « fintech » ?

Le Royaume-Uni et l’Irlande ont couvert deux cinquièmes des investissements en Europe l’an dernier, avec un total de 623 millions de dollars. Cet afflux de capitaux s’explique essentiellement par une volonté des sociétés américaines de sortir de leurs frontières et d’investir en Europe dans des pays où ils partagent la langue et la culture. Londres ne doit cependant pas se reposer sur ses lauriers et les éléments de différenciation de cette place financière peuvent ne plus être suffisants pour lui assurer sur le long terme une position dominante. D’autres centres, à l’image de Zurich ou Paris, peuvent très bien devenir des centres d’excellence. Certains ingrédients restent incontournables : il faut que ces places soient dotées d’un pool de talents et de la volonté d’investir dans les technologies. A terme, la fintech va aussi se développer dans des industries qui n’ont pas encore fait l’objet d’un investissement manifeste : c’est particulièrement vrai dans la gestion de fortune et dans la gestion de fonds.

Quel rôle la réglementation a-t-elle joué dans l’épanouissement du secteur de l’innovation financière outre-Manche ?

Le régulateur, la FCA, ainsi que la Banque d’Angleterre ont adopté une attitude d’ouverture à l’égard de ce secteur. Cela s’est notamment traduit par une écoute attentive des besoins et l’octroi rapide d’un certain nombre de licences bancaires. La réglementation ne doit pas non plus servir d’excuse : on entend des banques se plaindre d’un poids réglementaire trop important qui les aurait empêchées d’investir dans les technologies de demain. Or certaines d’entre elles sont parvenues à dégager des ressources nécessaires pour investir dans ce secteur. Preuve qu’il est possible de répondre aux impératifs réglementaires sans négliger l’importance de la finance de demain.

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