L’avis de… Lotfi Elbarhdadi, directeur senior chez Standard & Poor's

« Des investissements importants en absolu mais limités en pourcentage »

le 03/09/2015 L'AGEFI Hebdo

« Des investissements importants en absolu mais limités en pourcentage »
Lotfi Elbarhdadi, directeur senior chez Standard & Poor's
(DR)

Les assureurs ne sont-ils pas les plus impactés par le changement climatique ?

L’un des métiers des assureurs est la couverture des risques liés aux aléas climatiques. A ce titre, les dérives liées au changement du climat pourraient avoir un impact négatif sur les bilans si la tarification et les protections n’en tiennent pas compte. En général, les assureurs évaluent leurs expositions aux catastrophes naturelles et mettent en place des protections sur une base historique.

Est-ce suffisant ?

Ignorer l’impact potentiel des changements climatiques sur l’exposition des assureurs pourrait aboutir à accepter des risques plus élevés que prévu et donc peser sur la solvabilité. Standard & Poor’s a réalisé une étude d’impact en prenant comme scénario que le coût des événements sévères observés entre 2005 et 2011 deviendraient une « nouvelle norme » décennale en matière de sinistralité catastrophe. Les réassureurs sous-estimeraient alors, selon nous, leur exposition de 50 % en moyenne.

Cela a-t-il une influence sur votre notation ?

Notre analyse de la solvabilité ajustée des risques inclut une charge relative à l’exposition des assureurs aux catastrophes naturelles nette de réassurance et d’éventuels « cat bonds ». La considération par les assureurs des effets potentiels des changements climatiques sur leurs expositions a généralement un impact favorable sur notre opinion.

Peuvent-ils investir autrement ?

Avec des capacités importantes et des besoins de diversification des placements, notamment pour limiter l’impact des taux d’intérêt bas, les assureurs s’orientent de plus en plus vers des placements socialement responsables, des projets d’infrastructures et des placements « verts ». La taille de bilan des plus grands leur permet d’investir des montants importants en absolu tout en étant très limités en pourcentage de leur allocation stratégique d’actifs.

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