Rencontre avec... Benoît Legrand, directeur général d’ING Bank en France et responsable fintech pour le groupe ING

« Les fintech ont l’état d’esprit qui convient pour trouver des solutions »

le 24/09/2015 L'AGEFI Hebdo

« Les fintech ont l’état d’esprit qui convient pour trouver des solutions »
Benoît Legrand, directeur général d’ING Bank en France et responsable fintech pour le groupe ING

En quoi consiste la fonction de « head of fintech » ?

Les différentes banques d’ING mènent des initiatives variées en faveur de l’innovation et à destination des start-up de la fintech. Je suis chargé de coordonner et de garantir la cohérence entre ces projets afin que chaque pays puisse en tirer bénéfice et apprendre de ce qui a été fait ailleurs. En outre, je dois définir une stratégie pour les domaines dans lesquels une coopération avec les fintech est souhaitable. Il s’agit de donner du sens à tout cela, sans oublier que la technologie doit rester au service de la relation client. L’enjeu en matière d’innovation est avant tout culturel et humain.

Sur quoi peut déboucher la collaboration avec les « fintech », selon vous ?

Les entrepreneurs qui fondent des start-up ont pour objectif de s’enrichir à terme, soit en s’introduisant en Bourse, soit en se faisant racheter. Une sorte de chasse au trésor est lancée. Les banques traditionnelles prennent des positions ambivalentes. Elles veulent montrer qu’elles sont présentes sur l’innovation, sans se remettre en question. Le grand défi des banques est de remettre en cause leur modèle, et de donner les moyens à leurs propres collaborateurs, compétents et prêts à innover, de réaliser leurs idées. Cela nécessite plus d’agilité, plus de rapidité d’exécution. Une nouvelle gouvernance doit émerger, laissant place à l’échec instructif et éliminant le perfectionnisme qui bride la créativité.

Chez ING, comment travaillez-vous pour ne pas devenir une banque traditionnelle ?

ING Direct s’est développée avec la volonté de repousser les limites de la banque traditionnelle. C’est aujourd’hui une fintech qui a vingt ans et qui doit rester vigilante pour ne pas s’endormir sur ses lauriers. Pour ce faire, nous remettons en question notre fonctionnement. Par exemple, depuis l’introduction des méthodes agiles, les équipes informatiques sont installées au milieu des métiers, ce qui bouleverse les processus décisionnels. Il est aussi essentiel de rester ouvert. Les fintech intéressent les banques parce qu’elles repartent de l’intérêt du client, elles ont l’état d’esprit qui convient pour trouver des solutions aux inefficiences. C’est ce que nous essayons de faire au quotidien.

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