L’avis de… Martina Weimert, vice-présidente senior services financiers de Capgemini Consulting, en charge de l’offre paiement

« Au-delà du paiement, reconcevoir la relation client globalement »

le 27/08/2015 L'AGEFI Hebdo

« Au-delà du paiement, reconcevoir la relation client globalement »
(DR)

Qu’apporte la DSP2 aux banques et aux « fintech » ?

La DSP2 apporte un cadre plus contraignant aux prestataires tiers qui se greffent sur les comptes bancaires, mais elle leur donne des opportunités et un cadre légal. Les banques peuvent avoir intérêt à collaborer avec ces start-up et à intégrer leurs innovations, mais la réalisation sera difficile compte tenu de leurs systèmes d’information anciens et peu flexibles. Le défi se pose aussi en termes de gouvernance et de positionnement des banques par rapport à leurs clients : elles vont développer de nouveaux services et ainsi apporter une valeur ajoutée qu’elles pourront tarifer directement ou qu’elles pourront vendre sous une autre marque. Mais les banques devront également éduquer les consommateurs à ces nouvelles fonctionnalités et à la protection de leurs données.

La sécurité est-elle la préoccupation majeure ?

La question porte sur la responsabilité des nouveaux acteurs qui n’est pas équitablement répartie dans le texte actuel de la DSP2 tel qu’il a été adopté par le Conseil européen, et reporte sur les banques les éventuels remboursements suite à des erreurs ou à des fraudes lors de transactions réalisées par des tiers de paiement. Cette responsabilité devra être rééquilibrée.

Quel est l’enjeu de cette directive pour les banques ?

Le véritable défi pour les banques réside dans une course à la vitesse, à la capacité d’intégration et à un positionnement clair. Elles doivent encore choisir un modèle : devenir prestataire de services élargis au service d’autres banques ? Ouvrir leurs API aux fintech et proposer leur propre ‘appstore ’ (magasin d’applications) ? Ces évolutions dépassent largement le simple cadre du paiement et questionnent la relation client globalement, ce qui ne doit pas entamer la confiance et la sécurité que les banques ont bâties de longue date. Pour l’heure, beaucoup réfléchissent encore et évaluent le rapport bénéfice/risque des diverses options qui s’offrent à elle.

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