Crédit du Nord resserre ses liens avec Société Générale

le 12/03/2015 L'AGEFI Hebdo

La banque, qui détiendra d’ici deux ans l’assureur Antarius avec sa maison mère, développe les synergies avec les filiales du groupe.

Crédit du Nord resserre ses liens avec Société Générale
Philippe Aymerich, directeur général de Crédit du Nord.
(DR)

Dans le giron de Société Générale depuis 1997, Crédit du Nord voit son intégration renforcée au sein de sa maison mère. Dans l’assurance vie notamment, les liens sont en passe d’être resserrés. La banque de La Défense a en effet décidé d’exercer son option d’achat de la participation de 50 % détenue aujourd’hui par Aviva France dans Antarius, compagnie dédiée aux réseaux de Crédit du Nord qui en possède le solde. « D’ici à deux ans, la gestion opérationnelle va migrer d’Aviva vers Sogécap (filiale d’assurance vie de Société Générale, NDLR). Toutefois, pour nos clients, rien ne va changer : la qualité et la palette d’offres ne vont pas être modifiées », explique Philippe Amestoy, directeur général délégué et directeur du marketing de Crédit du Nord. « Cela s’inscrit dans une logique de recherche d’effets de synergies au sein du groupe », relève Philippe Aymerich, directeur général du réseau de banques régionales. Crédit du Nord vient ainsi de démarrer une offre dans le domaine de la santé collective avec Sogécap. « C’est un marché qui se crée, et pour lequel nous percevons un intérêt marqué de la part des entreprises », constate Philippe Aymerich. Au-delà de l’assurance, « nous avons accéléré notre coopération avec ALD Automotive (entité de Société Générale spécialisée dans la location de véhicules longue durée) depuis début 2014, en proposant aux entreprises des services de gestion de leur flotte automobile », poursuit Philippe Amestoy. Depuis 2013, Crédit du Nord permet également à sa clientèle en banque privée la détention d’immobilier en direct via un partenariat avec Primaxia, entité du groupe axée sur l’investissement locatif neuf. La banque a par ailleurs enrichi son offre dans l’affacturage avec la filiale dédiée de Société Générale, CGA.

Réorientation des priorités

Ces initiatives sont mises en place au fil du temps. « Société Générale se montre très attentive au fait que Crédit du Nord conserve son autonomie. Les synergies ne sont pas développées de façon violente, mais dans la durée, en veillant à préserver nos éléments de différenciation », confie Philippe Aymerich. Né du rapprochement de près de 80 établissements régionaux, la banque revendique une solide connaissance du tissu économique local et sa proximité clients, à dominante professionnelle. « Là où l’activité des banques est généralement portée par les particuliers, marché actuellement le plus bousculé, notre produit net bancaire est réalisé à hauteur de quelque 40 % auprès de cette clientèle, contre environ 35 % auprès des professionnels (commerçants, professions libérales, artisans…) et 25 % auprès des entreprises », détaille Philippe Aymerich. Ce positionnement a ainsi permis à Crédit du Nord d’afficher, au sein d’un marché français mature, des résultats opérationnels en croissance l’an passé (voir le tableau). La croissance des encours de crédit a progressé de 2 % à 36,2 milliards d’euros. « Nous sommes fortement positionnés sur les entrepreneurs (petites et moyennes entreprises, entreprises de taille intermédiaire, institutionnels…) au sens large. Comparativement à nos autres concurrents bancaires, notre fonds de commerce est ainsi un peu plus porté par des projets », souligne Philippe Aymerich. De même, chez Banque Palatine, filiale du groupe BPCE dédiée à l’accompagnement des entrepreneurs, la tendance est également à la hausse, les encours de crédit aux entreprises ayant crû de 8 % à 5,8 milliards d’euros en 2014.

Au-delà de l’activité, des synergies de coûts entre Crédit du Nord et sa maison mère ont également été recherchées. Le projet Convergence, qui visait à fusionner les systèmes d’information des trois réseaux de la banque de La Défense – Société Générale, Crédit du Nord et Boursorama –, a ainsi été lancé il y a cinq ans. Il n’ira toutefois pas à son terme et est aujourd’hui réorienté. «  Les infrastructures techniques et les systèmes informatiques ont été mutualisés avec des synergies et des gains de productivité dégagés importants, de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros par an, indique Philippe Aymerich. Le projet a été conçu il y a plusieurs années. Or le poids du digital est aujourd’hui plus important qu’on ne le percevait à l’époque. La priorité est aujourd’hui donnée au développement du canal numérique et à la fluidité du parcours client et des processus, ce que l’on regroupe sous le terme du cross-canal ou omni-canal. » Dans cette optique, en décembre, Crédit du Nord a notamment doté de tablettes l’ensemble de ses forces de vente du marché des entreprises.

Un réseau de 907 agences, 9.000 collaborateurs et 2,6 millions de clients

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