Caceis poursuit ses efforts commerciaux et de diversification

le 03/07/2014 L'AGEFI Hebdo

La filiale de conservation de Crédit Agricole et Natixis reste teneur de compte des actifs de CNP Assurances. Et cherche à renforcer sa présence en Europe.

Caceis poursuit ses efforts commerciaux et de diversification
Eric Derobert, directeur des affaires publiques groupe de Caceis.
(CACEIS)

BNP Paribas Securities Services (BP2S), Société Générale Securities Services (SGSS), Caceis, filiale à 85 % de Crédit Agricole et à 15 % de Natixis : chacun des acteurs des métiers titres admet pudiquement un « environnement très concurrentiel ». Celui-ci s’est illustré avec l’appel d’offres bouclé le 23 juin par CNP Assurances. Les trois grands français étaient en lice. Caceis, créé à l’été 2005, a été retenu pour la tenue de compte-conservation de ces actifs. « L’accord porte sur 280 milliards d’euros : des avoirs essentiellement français mais aussi étrangers, correspondant aux activités d’assurance exercées en France, précise Eric Derobert, directeur des affaires publiques groupe de Caceis. Il est vrai que, du fait du montant et de la nature du client, l’appel d’offres était très compétitif. CNP a choisi avec soin. L’environnement crée certes une forte pression sur les tarifs, mais je reste persuadé que la différence entre les acteurs se fait par la qualité de service. »

Le contrat avec CNP est conclu pour cinq ans, « extensible jusqu’à neuf ans, indique l’assureur. C’est une tacite reconduction, avec des conditions prédéfinies », explique le directeur de Caceis qui était déjà prestataire de CNP. L’assureur ajoute avoir retenu BP2S « pour la prestation de ‘transparisation’ des OPCVM dans le cadre de Solvabilité 2 », une obligation qui consiste à détailler, en montants et caractéristiques, pour chaque ligne, les positions du fonds détenu afin que la compagnie d’assurance apprécie ses risques. En mars, SGSS avait gagné un mandat de gestion du collateral pour CNP Assurances.

Pour Caceis, ce nouveau contrat est d’autant plus important qu’il avait perdu la conservation des actifs de la Caisse des dépôts (CDC), soit 330 milliards, en avril 2013. Ainsi, à la fin de l’année dernière, si  les encours administrés étaient en hausse de 4,7 % sur un an pour atteindre 1.309 milliards d’euros, les encours conservés étaient pénalisés par cette sortie de la CDC, et s’établissaient à 2.254 milliards d’euros, en baisse de 9,5 % par rapport au 31 décembre 2012. Redresser la pente n’est pas si simple (lire le tableau) sauf à diversifier ses produits mais aussi ses implantations.

Une palette complète

Le marché phare de Caceis en Europe se situe outre-Rhin. De fait, l’activité de Caceis a décollé en Allemagne en 2007 par la reprise des actifs de la banque HVB (lire l’encadré). Elle revendique ainsi 319 milliards d’euros conservés dans le pays. Et, sur le dernier mois, elle s’est particulièrement accrue avec la reprise, annoncée le 27 mai, de l’activité de dépositaire de fonds immobiliers puis, une semaine plus tard, à l’issue d’un appel d’offres, avec sa sélection par Axa Investment Managers Deutschland pour être le dépositaire de sa gamme de fonds immobiliers. Ainsi, la filiale titres de Crédit Agricole fournit désormais des services de banque dépositaire à 16 sociétés de gestion immobilière pour un encours de 16 milliards d’euros en Allemagne. « Sur ce marché, nous bénéficions de la réglementation AIFM, notamment sur les fonds immobiliers, remarque Eric Derobert. Notre offre sur ce segment nous a permis de particulièrement bien nous positionner. »

La diversification doit se poursuivre. « L’an dernier, nous avons obtenu les licences pour élargir, de l’administration de fonds à la banque dépositaire, notre offre aux Pays-Bas et en Belgique, souligne Eric Derobert. Depuis le début de cette année, nous proposons toute la gamme de nos services en Italie, avec une équipe experte. Nos clients disposeront également de toute la palette d’ici à fin 2014 en Suisse. » Caceis se montre ainsi dynamique pour renforcer sa présence en Europe afin de servir les clients globaux. C’est pourquoi « nous devons être de façon ciblée au Royaume-Uni, ajoute Eric Derobert. Nous entendons être présents sur les marchés où nous voulons accompagner nos clients. Par exemple, être dépositaire dans le pays de domiciliation des fonds reste nécessaire, le processus d’harmonisation européenne n’étant pas achevé. » A l’horizon 2016, l’objectif de Caceis est de capter 300 milliards d’euros d’actifs conservés au sein de ses cinq nouvelles banques dépositaires. La société affichait 760 milliards d’actifs déposés à fin 2013. 

Une nouvelle équipe à intégrer

En 2007, Caceis faisait une entrée remarquée sur le marché allemand en rachetant les activités de conservation de l’HypoVereinsbank (HVB), filiale de la banque italienne UniCredit. Deux ans plus tard, la société reprenait les activités titres de HSBC en France avec ses 110 salariés pour près de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires. C’est maintenant au Luxembourg qu’elle va mener une nouvelle intégration. « Notre accord de prestation de services avec le groupe Edmond de Rothschild au Luxembourg est très important, souligne Eric Derobert, directeur des affaires publiques groupe de Caceis. Au-delà des 20 milliards d’euros d’actifs, nous intègrerons plus de 110 collaborateurs le 1er octobre dans les fonctions de tenue de compte, de conservation, d’agent de transfert et de comptabilité. Or, nous avons l’expérience de ce type d’intégration. » Edmond de Rothschild reste toutefois banque dépositaire et administration centrale pour ses clients.

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