La Banque Française Mutualiste affiche publiquement ses ambitions

le 11/06/2015 L'AGEFI Hebdo

La BFM doit accroître son taux de pénétration auprès des adhérents des mutuelles détenant son capital et aborder les décideurs de la fonction publique.

La Banque Française Mutualiste affiche publiquement ses ambitions
Sophie Bury-Delmas,directrice générale.

La vocation, le sigle et les actionnaires sont toujours les mêmes. Et pourtant, pour ses 30 ans (en 2016), la Banque Française Mutualiste (BFM) devrait avoir bien changé. Alors que Banque Française était une filiale plombée par l’affaire du syndic Urbania (L’Agefi Hebdo du 21 avril 2011), qu’elle a cessé son activité et a été absorbée par sa maison mère courant 2013, cette dernière « a choisi de remplacer le terme ‘Fédérale’ au profit de ‘Française’, plus évocateur du rayonnement de la BFM auprès de sa cible et mieux adapté à l’environnement actuel, explique Sophie Bury-Delmas, directrice générale (DG). La BFM confirme son ancrage sur le territoire national pour être au plus près des agents du secteur public, en métropole et en outre-mer. Elle réaffirme également son identité mutualiste au service de ses mutuelles sociétaires ». Le conseil d’administration qui a élu président Gérard Vuidepot, puis nommé Sophie Bury-Delmas – qui a occupé précédemment tous les postes clés de cette banque de 200 salariés – à sa direction générale et Michel Coudrais comme DG délégué (ses deux dirigeants effectifs au sens réglementaire), a aussi décidé de réorganiser l’actionnariat – ou plutôt le sociétariat. Aujourd’hui détenu à 51 % par MFP Services, union de mutuelles de la Fonction publique, et à 49 % par les mutuelles en direct, le capital va peu à peu l’être directement, sans l’intermédiaire de MFPS, avec, à terme, 51 % pour la MNH (mutuelle nationale des hospitaliers) qui est déjà le sociétaire de référence. « Le processus sera achevé courant 2016, précise Sophie Bury-Delmas. Pour autant, MNH ne sera pas majoritaire au conseil afin que la BFM reste l’outil de toutes les mutuelles. »

Ensemble, elles ont défini un plan de développement à moyen terme. « L’objectif sur la clientèle des personnes physiques – aujourd’hui, 1,2 million de clients (pour 5 millions de fonctionnaires actifs, hors éducation nationale) – est de porter le taux de pénétration des produits bancaires auprès des adhérents des mutuelles de 14 % à 20 % en trois ans », indique la directrice générale de la BFM. Pour cela, continuant à s’appuyer sur le réseau Société Générale qui distribue l’offre de la BFM dans ses 2.300 agences et fournit l’essentiel de la gamme en épargne, crédit et banque au quotidien, ainsi que sur les 5.000 « correspondants mutualistes », les bénévoles des mutuelles, « nous étudions la mise en place d’un système de commissionnement, confie-t-elle, puisque les mutuelles se dotent, ou vont se doter, de plus en plus de réseaux commerciaux. L’objectif est notamment d’accroître la production de crédits à la consommation qui constitue une part importante de notre produit net bancaire (PNB). »

Financement

La banque veut aussi se diversifier en proposant ses services aux décideurs de la fonction publique (hôpitaux, collectivité territoriales, etc.). « Nous sommes légitimes pour le faire, souligne Sophie Bury-Delmas. L’acquisition de la société de financement de matériel ITL, en avril, nous apporte de nouvelles expertises. D’autres acquisitions ne sont pas exclues. Nous sommes en train de calibrer notre développement sur cet axe (trésorerie, financement court terme, voire long terme, etc.) avec les obligations réglementaires en ligne de mire. Nos sociétaires pourraient accompagner financièrement le développement en augmentant les fonds propres de la banque. »

Les résultats de 2014 portent déjà l’empreinte des évolutions programmées (voir le tableau). Outre la baisse des commissions d’assurance liée à celle de la production des prêts immobiliers Société Générale, la tarification réduite par la BFM sur sa gamme de prêts produits en interne (prêt travaux, prêt automobiles et autres crédits à la consommation personnels ou affectés) expliquerait le repli du PNB en un an, tandis que les charges augmentent. Ainsi, le relèvement du coefficient d’exploitation est dû à des investissements de la BFM dans des projets de développement dont les résultats sont attendus dès l’an prochain.

Les perspectives 2015

Pour cette année, la BFM pense maintenir son résultat net autour de 18 millions d’euros. Elle anticipe par ailleurs l’ouverture de 44.000 comptes, comme l’an dernier, dans les agences Société Générale. Le nombre de comptes à vue de ses clients a atteint les 800.000 fin 2014, en progression de 4,8 % par rapport à 2013. La banque vise aussi une production globale de crédits en nette hausse après ses efforts d’investissement en matière de plate-forme téléphonique, de développement de la stratégie numérique et de renforcement de la force commerciale. Enfin, elle espère une collecte d’épargne nette légèrement haussière. En 2014, les encours de livrets avaient été maintenus à 2,5 milliards d’euros grâce à un taux poussé à 5 % brut sur trois mois pour son Livret BFM Avenir.

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