Axa Lab, un coup d’accélérateur dans le numérique

le 15/05/2014 L'AGEFI Hebdo

Le lancement officiel de la start-up basée à San Francisco depuis fin avril amorce une mutation pour le groupe français d’assurance.

Axa Lab, un coup d’accélérateur  dans le numérique
Axa Lab a choisi de s’installer au sein des locaux d’incubateur de WeWork, dans le centre de San Francisco.
(DR)

Hébergé dans les bureaux partagés de l’incubateur WeWork, près du siège de Twitter à San Francisco, doté d’une équipe resserrée de deux personnes – et de cinq collaborateurs d’ici à 2015 –, Axa Lab a tout de la start-up californienne. Ambassadeur de la compagnie d’assurance française auprès des grands noms des nouvelles technologies comme Google, Apple ou Salesforce, ce laboratoire a pour mission d’identifier les tendances émergentes et les start-up susceptibles d’intéresser le groupe d’assurance français afin de lancer des tests et initiatives pilotes.

« En nous appuyant sur notre excellence opérationnelle et notre culture de la performance, nous avons pour objectif d’accélérer la transformation numérique de notre groupe », a déclaré Henri de Castries, PDG d’Axa, lors des derniers résultats annuels. Annoncé à l’automne dernier et initié par Frédéric Tardy, ancien responsable de l’Atelier BNP Paribas dans la Silicon Valley et actuel directeur marketing et distribution d’Axa à Paris, Axa Lab est maintenant opérationnel. A sa tête, Guillaume Cabrère, qui s’installera définitivement sur place en juillet, a travaillé deux ans chez Razorfish, une agence de marketing numérique à San Francisco, avant de diriger la Digital University, filiale de formation numérique du groupe de communication DDB.

À la différence d’autres entités comme Orange Lab, la cellule californienne d’Axa ne dispose pas de capacités d’ingénierie ni de développement propres. En revanche, elle pourra animer des partenariats avec des équipes produits basées aux Etats-Unis, voire co-financer certains de leurs prototypes. Comme le résume le directeur du Lab, « le Lab est une sorte d’aiguillon capable de dépister les tendances, les start-up et les sujets intéressants pour le marketing et la distribution d’Axa  ».

La création d’une Digital Academy et de formations courant 2014 vont de pair. « Il s’agit également de concevoir un nouveau programme interne pour que les employés reprennent confiance en leur aptitude à générer de l’innovation », ajoute Guillaume Cabrère. Le Lab servira aussi de plate-forme pour accueillir des collaborateurs de tout le groupe et leur faire bénéficier de son réseau local.

Après les banques, les sociétés d’assurance sont désormais conscientes de la nécessité de s’adapter à l’environnement numérique. Une enquête mondiale d’Ernst & Young « Insurance in a digital world : The time is now » fait un constat plutôt alarmant : si 78 % des compagnies visent une stratégie opérationnelle d’ici trois ans en la matière, elles ont jusqu’à présent échoué à relever ce défi. 68 % d’entre elles consacrent moins de 10 % de leur activité et de leur budget au développement informatique et numérique. Pour Graham Handy, responsable de Global Insurance Customer chez Ernst & Young, « les assureurs ne peuvent pas se permettre de rester à l’écart de la transition actuelle. Ils doivent évoluer, mais sont entravés par des freins internes, principalement technologiques et culturels ». Une urgence au regard des attentes croissantes des clients en matière de services numériques. D’après le World Insurance Report 2014 de l’Efma et Capgemini, plus de 30 % du chiffre d’affaires de l’assurance proviendra d’Internet et du mobile dans cinq ans.

Partenariat avec Facebook

Pour préparer l’avenir, Axa a ainsi lancé un vaste chantier tant interne qu’externe doté d’un budget global de 800 millions d’euros sur trois ans. Cette enveloppe inclut l’Axa Lab et la Digital Agency, récemment confiée à Yves Caseau, qui sont les dispositifs phares de cette stratégie.

L’accord de partenariat mondial conclu avec Facebook le 11 avril constitue une avancée concrète. Il permet à l’assureur de bénéficier des ressources dédiées de Facebook mais aussi de promouvoir la marque Axa auprès des utilisateurs du réseau social, en particulier via le mobile. Or, du fait de sa proximité géographique, le Lab jouera un rôle clé dans l’animation de ce partenariat. Pour Véronique Weill, directrice des opérations du groupe, « le lancement de l’Axa Lab à San Francisco, pôle d’excellence en matière d’expérience clients et d’innovation, et cette collaboration avec Facebook sont des jalons supplémentaires vers notre ambition de devenir l’assureur leader du numérique et du multi-accès ».

Une feuille de route ambitieuse pour un enjeu de taille. Car, au-delà du reporting ou d’un outil de veille technologique,  la plus value du Lab – et sa raison d’être – est avant tout de tirer parti des contacts noués dans la Silicon Valley pour rendre l’innovation plus tangible au sein du groupe Axa.

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