Avaloq fait évoluer son modèle au gré de l’industrialisation bancaire

le 04/12/2014 L'AGEFI Hebdo

Externalisation des back-offices, numérisation croissante et contraintes réglementaires transforment l’éditeur de logiciels bancaires en société de services.

Avaloq fait évoluer son modèle au gré de l’industrialisation bancaire
Tecla Solari, directeur général pour l’Europe de l’Ouest et du Sud et membre du comité exécutif d’Avaloq, et Philippe Schintowski, responsable de la stratégie et du développement pour la France, Monaco et l’Afrique du Nord.
(DR)

Avaloq, l’éditeur de solutions logicielles bancaires intégrées et modulaires, a changé de nature. Et, comme d’autres acteurs de même origine ou proche (Finnova, Sopra, Temenos, SAB, etc.), il prend une place à part entière dans l’industrie financière. Le contexte s’y prête : la pression sur les coûts pousse les banques à l’industrialisation ; les contraintes réglementaires nécessitent de nouveaux leviers de profitabilité et l’évolution de la relation clients oriente vers une numérisation des processus. L’éditeur de Zürich, qui propose Avaloq Banking Suite (ABS) comme solution, en profite pour se diversifier tous azimuts : élargissement de la cible de clientèle des banques privées aux banques de détail et universelles, expansion géographique en Europe et en Asie-Pacifique (voir le graphique), multiplication des annonces de partenariats bancaires, développement de centres BPO (business process outsourcing) pour l’externalisation des processus. « Désormais, nos revenus sont répartis équitablement entre édition et prestations d’externalisation », souligne Tecla Solari, nommée cet été directeur général pour l’Europe de l’Ouest et du Sud et membre du comité exécutif d’Avaloq. Le groupe a ainsi réalisé 380 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2013, contre 350 millions en 2012 et… 105 millions en 2008.

Détenu par ses managers et salariés, Avaloq a fondé son activité « à l’origine sur un progiciel pour la banque privée », rappelle le « Panorama des progiciels bancaires » dressé par le cabinet Ailancy en 2013. Cette cible de clientèle reste dans son champ, notamment sur son marché domestique, la Suisse. La banque Syz&Co a ainsi annoncé début octobre l’externalisation de ses opérations de back-office vers B-Source, la filiale spécialisée dans le BPO en Suisse d’Avaloq depuis 2012. Deutsche Bank suisse a aussi choisi en 2013 d’externaliser le traitement des opérations de sa division « Wealth Management », avec ses collaborateurs auprès de B-Source, basée sur l’ABS. Ce transfert a duré 13 mois et abouti mi-septembre.

Diversification géographique

« Leader en Suisse, Avaloq pratique une stratégie de ‘follow your customers’, fait savoir Ailancy. Les maisons mères en Suisse implémentent le progiciel dans leurs filiales à l’étranger. » Avaloq vient d’annoncer qu’il allait fournir à Deutsche Asset & Wealth Management des services complets de BPO pour ses opérations de back-office de gestion privée à Singapour, d’ici à l’an prochain, au sein de l’entité nouvellement créée Avaloq Sourcing Asia Pacific Pte. Ses centres de BPO sont désormais au nombre de trois : à Singapour, en Suisse et en Allemagne. « En 2013, nos investissements se sont élevés à 90 millions de dollars », précise Tecla Solari. La société met ainsi l’accent sur une offre d’externalisation – un métier de services qui offre des marges plus élevées que la fourniture de logiciels.

La société suisse multiplie les annonces depuis quelques mois, avec notamment un premier client australien (BT Financial Group). Toutefois, dans un environnement fragmenté par spécialités et par pays, développer une nouvelle implantation sans s’appuyer sur un client initial n’est pas une évidence pour un éditeur et intégrateur de solutions. C’est le cas pour Avaloq en France, où ses concurrents Sopra et SAB dominent. « Nous avons ouvert à Paris mi-2011. Notre bureau, d’une dizaine de personnes, recrute actuellement, explique Philippe Schintowski, responsable de la stratégie et du développement pour la France, Monaco et l’Afrique du Nord. En France, nous travaillons sur plusieurs projets dont SwissLife Banque privée (L’Agefi Hebdo du 7 novembre 2013, NDLR). »

« Le groupe emploie maintenant 1.600 collaborateurs dans 16 bureaux », indique Tecla Solari. Et c’est sans compter les équipes en partenariat. Avaloq a ainsi initié un projet structurant en juin dernier avec Raiffeisen. Ensemble, ils ont fondé une nouvelle société de technologie et de services pour moderniser et uniformiser la plate-forme de banque de détail, jusqu’au front-office, du groupe sur le marché suisse où il est numéro un. Soulignant que les opérations sont plus complexes dans le retail que la gestion de fortune, l’autrichien estime que « l’expérience acquise pourra être mise au profit d’autres établissements ». Quoi qu’il en soit, pour intensifier sa diversification propre, le groupe Avaloq s’est doté à la rentrée d’un responsable des acquisitions, Enrico Ardielli. Dans son segment, la consolidation se profile à la mesure de la mutation des groupes bancaires.

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