Financement export

Les assurances export s’adaptent aux besoins des entreprises

le 09/07/2015 L'AGEFI Hebdo

L’assurance-crédit, qui reste indispensable aux entreprises exportatrices, ajuste ses garanties et ses services pour garder ses clients.

Les assurances export s’adaptent aux besoins des entreprises
(Fotolia)

Les pays émergents déçoivent depuis un certain temps, mais la dégradation est très nette depuis la fin 2014, constate Yves Poinsot, directeur général en France d’Atradius, numéro 2 mondial de l'assurance-crédit. La sinistralité en Chine a quadruplé entre 2013 et 2014, un phénomène difficile à anticiper et qui nous pousse à suivre les acheteurs de près. Heureusement, la situation en Europe s’est améliorée, sauf exceptions dont la France où le niveau des défaillances reste élevé. Nous acceptons toutefois 80 % des demandes de couverture. » Face à une telle situation, les assureurs-crédit se doivent de proposer un véritable accompagnement aux entreprises exportatrices de façon à les sécuriser et à préserver leurs relations commerciales. Coface, notamment, vient juste de renouveler son offre. « Après deux années de travail comprenant l’étude de toutes les clauses, dans tous les pays, et l’industrialisation de notre outil de production informatique, nous venons de lancer TradeLiner, notre nouveau contrat phare, révèle Cyrille Charbonnel, directeur France et Europe de l’Ouest de Coface. C’est une police unique qui repose sur les mêmes conditions contractuelles pour tous les pays, ce qui simplifie la compréhension et la gestion des contrats et offre une meilleure visibilité aux entreprises. » Désormais, les clients qui le souhaitent peuvent passer sous TradeLiner au moment du renouvellement de leur contrat.

Nouveaux outils de gestion

Chez Euler Hermes, l’offre a évolué depuis quelques années déjà avec Cap Export, une police complémentaire à souscrire au cas par cas et à un tarif spécifique lorsque les engagements d’une entreprise envers un client dépassent la limite assurée. « Cette garantie correspond à un besoin de la part des entreprises qui acceptent le coût du risque pour rester garanties, notamment sur des clients stratégiques pour elles », souligne Frédérique Vernerey, responsable arbitrage risque. Plus récemment, depuis novembre 2013, Euler Hermes propose Cover One, l’assurance d’un projet spécifique en partenariat avec le banquier prêteur. Elle couvre les lignes de fabrication ou les grandes productions, des projets qui durent de 12 à 36 mois pour un montant moyen de un million d’euros. « Une facilité qui permet aux entreprises de se lancer dans le grand export en bénéficiant d’une couverture ferme jusqu’à 18 mois, estime Laura Flandin, responsable marketing produit. Trente-cinq clients ont souscrit quelques mois après le lancement, c’est un vrai succès commercial. » Pour les grands projets, l’offre Transactional Cover est proposée par le département World Agency qui gère les relations avec les multinationales. Elle couvre des projets de 3 à 8 ans et pour plusieurs millions d’euros de garanties.

Au-delà des contrats, les assureurs-crédit mettent à la disposition de leurs clients des outils de gestion pour leur faciliter la vie. Depuis deux ans, la Coface propose un outil de visualisation qui améliore la transparence et permet de voir où en sont leurs contrats. Des données utiles pour comparer avec d’éventuels concurrents. Une application Cofamove a été lancée pour que les entreprises puissent demander des garanties partout. Et à la rentrée, des services complémentaires faciliteront la gestion des contrats avec des alertes automatiques en cas de « dégradation » du client, des demandes automatiques d’ajustement si un montant de couverture est dépassé, des déclarations de sinistre automatisées en cas d’impayé. Du côté d’Euler Hermes, EH SmartView a été lancée en octobre 2014 : une solution de reporting en ligne pour donner une vision consolidée et synthétique de l’évolution de la garantie de leurs créances commerciales. Chez Atradius, depuis deux ans, Credit Power permet d’optimiser la gestion de trésorerie. Disponible sur PC, smartphone et tablette, Credit Power est encore peu acheté mais ce type d’outils devrait devenir incontournable.

Coface améliore les garanties publiques

Rien de neuf depuis que Michel Sapin et Emmanuel Macron ont évoqué en février dernier la possibilité de transférer l’activité publique de la Coface à Bpifrance. Si la décision est finalement prise, ce changement devra passer par une loi et les salariés de Coface qui exercent cette activité seront normalement transférés d’un établissement à l’autre. Quant à l’offre de garanties publiques, elle s’est adaptée. « Pour les financements de plus de 100 millions d’euros, les exportateurs peuvent désormais compter sur la Sfil (Société de financement local) et sur sa filiale la Caffil (Caisse française de financement local) pour refinancer les banques sur les contrats de crédit acheteurs assurés par la Coface, indique Christophe Viprey, directeur des garanties publiques de la Coface. L’objectif est d’apporter des financements de marché dans des volumes et des durées adaptés. En clair, abaisser les coûts du financement au même niveau que nos voisins. » Les PME, elles, ont accès à l’offre de Bpifrance, nouvel émetteur de crédit export avec la garantie Coface, pour les financements jusqu’à 25 millions d’euros. Enfin, c’est nouveau : « Coface a obtenu l’autorisation d’assouplir sa garantie de change et d'assurer les flux de commandes avant passation du contrat, explique Christophe Viprey. Ce qui apportera dès la fin de l’année une plus grande souplesse dans la mise en œuvre de la garantie de change pour les dix devises éligibles. »

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