Entretien avec... Marie-Christine Jolys, associée responsable du département réglementaire-banques de KPMG

« Le vrai défi aujourd’hui, c’est l’harmonisation »

le 21/07/2011 L'AGEFI Hebdo

Les banques répondent-elles à la demande de transparence croissante ?

D’une façon générale, elles offrent, d’elles-mêmes, de plus en plus d’informations. En 2010, les britanniques ont ainsi donné la parole à leurs présidents de comités d’audit. Les tests de résistance européens permettent de franchir un nouveau pas, avec des critères uniformisés. Le vrai défi aujourd’hui, c’est l’harmonisation. En effet, les normes comptables, qui ont décidé du lancement de notre étude*, n’ont pas fourni cette transparence dans tous les domaines, chaque établissement appliquant certes les mêmes principes mais selon des méthodologies différentes.

Comment distinguer des acteurs qui tiennent tous un discours de prudence ?

La prudence est compréhensible dans un environnement instable : les banques peuvent en très peu de temps être rattrapées par des événements exogènes. Recentrage sur les cœurs de métier, développement de relations de qualité avec les clients, efficacité opérationnelle : leurs axes de communication stratégiques ne les distinguent guère les unes des autres. Toutefois, parmi les banques universelles, celles qui ont réussi à l’international constituent le peloton de tête.

Les banques sont-elles sur la bonne voie pour Bâle III ?

Il va désormais être possible de comparer les ratios de solvabilité des banques européennes grâce à cette réglementation qui donne une définition normalisée des fonds propres de base. Toutes anticipent Bâle III en les augmentant. En 2010, leur Core Tier one représente plus de 60 % de leurs capitaux propres. HSBC et Nordea ont en outre indiqué qu’elles respectent déjà les futurs seuils minimaux. Pour la première, Bâle III aura un impact de 250 à 350 points de base sur son ratio Core Tier one qui s’élevait à 10,5 % à la fin de l’année. Des actions de réduction des actifs pondérés et les résultats engrangés, comme pour toutes, doivent lui permettre d’atteindre un taux de 9,5 % à 10,5 % selon la nouvelle norme. Reste à savoir comment chacune répondra à ces exigences tout en maintenant un retour sur capitaux investis élevé. On peut s’attendre à une redistribution des cartes.

*« Défi pour la transparence, étude européenne secteur bancaire », cinquième édition en 2011

A lire aussi