L’avis de … Hervé Lorieul, consultant associé de Syrtals*

« Vers une concurrence bancaire européenne »

le 16/02/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel bilan tirez-vous de la migration Etebac ?

C’est un projet qui a fréquemment été géré par les entreprises sous l’angle de la contrainte due à la date butoir, à savoir septembre 2011, puis juin 2012, date de la fin de la norme Etebac et de la fermeture du réseau X25 par Orange Business Services. Les très grandes entreprises ont pu anticiper cette migration et revoir ainsi leur mode de communication avec les banques (gestion des flux et outils), mais les moins grandes ont plus souvent migré à périmètre équivalent, sans vraiment en tirer parti. Désormais, entre 60 % et 80 % des entreprises ont terminé leur migration mais nous constatons souvent un délai important entre la signature des contrats bancaires et la migration des flux à un nouveau protocole. La contrainte technique étant passée, la question est de faire de cette évolution un élément d’opportunité.

Que proposent les banques en la matière ?

Les banques développent des services à valeur ajoutée autour de la signature personnelle, de l’enrôlement des clients, de la gestion des flux mais l’enjeu post-migration est d’attirer les entreprises sur ces offres. La sécurité est clairement améliorée par l’emploi de la signature électronique qui accélère les contrôles et améliore la fluidité du traitement de l’information. Le déploiement de certificats supportant la multi-acceptance est aussi l’occasion d’une plus grande diffusion de ces certificats, en particulier auprès des PME pour une utilisation qui dépasse la relation banque entreprise.

Comment est abordée la question du Sepa (Single Euro Payments Area) ?

Le Sepa est un élément intéressant car il permet d’aller plus loin dans la centralisation de la gestion des flux, tout en s’appuyant sur les nouveaux protocoles mis en place. Les entreprises peuvent le faire sur toute la zone Europe. Pour l’heure, une minorité d’entre elles a commencé à pratiquer le virement Sepa (SCT), et le prélèvement (SDD) est loin d’être opérationnel. Néanmoins, les tarifs transfrontaliers étant plus avantageux sur le prélèvement, la situation pourrait évoluer rapidement et permettre aux entreprises de bénéficier d’une offre élargie grâce à une concurrence accrue, principe fondateur du Sepa. Reste à voir le degré d’attachement des entreprises françaises à des usages purement nationaux.

*Cabinet conseil en gestion des paiements et du ‘cash management’

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