Le véhicule connecté, un nouveau marché pour le paiement mobile ?

le 06/06/2013 L'AGEFI Hebdo

La voiture connectée offrira bientôt de nombreux services que les consommateurs devront payer. Un nouvel usage qui pourrait intéresser les banques.

Le véhicule connecté n’est pas tout à fait nouveau. Les flottes d’entreprises sont souvent équipées de modules de communication permettant de piloter leur entretien, et l’apparition de l’e-Call, ce service d’appel d’urgence en cas d’accident, date de 2003. Aujourd’hui, les constructeurs arrivent à une nouvelle étape de la commercialisation de ces voitures du futur capables d’utiliser internet. Une chaire vient d’ailleurs d’être créée pour cinq ans au sein de l’université Pierre et Marie Curie avec Atos et Renault, considérant que « la connectivité embarquée des véhicules permet d’envisager à court ou moyen terme la fourniture d’un vaste éventail de services mobiles : maintenance du véhicule, divertissement à bord, améliorer la sécurité, mesure la pollution… »

C’est déjà le cas : Renault propose dans Zoé et la nouvelle Clio Estate un nouveau système multimédia connecté, Renault R-Link, qui dispose d’un magasin d’applications dédié. « Ce 'store' accessible via son compte client MyRenault, permet de télécharger des applications gratuites ou payantes et donc de les acheter soit en utilisant ce compte personnel qui s’assimile à un ‘wallet’, soit en utilisant sa carte bancaire », explique François Gayral, directeur marketing corporate en charge de la promotion de l’innovation chez Renault.

Applications embarquées

Une cinquantaine d’applications sont déjà disponibles (informations, culture, services pratiques dédiés à l’usage automobile) et Renault propose une offre avec Coyote et TomTom pour disposer d’informations trafic en temps réel. L’accès aux e-mails, à Twitter, à l’assistance Renault, à la météo est disponible. Le constructeur, qui a passé un accord avec Orange, prend en charge les coûts de connexion et vendra ses packs applicatifs par abonnement annuel (54,90 euros) ou triennal (149 euros), avec une offre de découverte gratuite pendant quelques mois. Renault, soucieux d’enrichir sa gamme d’applications, propose également un SDK (software development kit) en partenariat avec Paris Incubateur pour inciter des développeurs à proposer leurs idées. Ce qu’a également fait Ford aux Etats-Unis où l’idée est de vendre un maximum d’applications et même de la vidéo à la demande.

Néanmoins, la sécurité de la conduite étant primordiale, les Renault sont équipées d’une technologie de synthèse et de reconnaissance vocale pour ne pas détourner l’attention du conducteur. Ces services sont accessibles grâce à Atos qui a lancé en mars sa Connected Vehicles Platform, une offre dédiée aux véhicules connectés, basée sur le cloud, permettant un paiement à l’usage afin de diffuser des services alliant mobilité et télématique. « Atos Wordline est le premier à fournir un magasin d’applications dédié à l’automobile et à introduire le paiement depuis sa voiture », souligne François Gatineau, directeur du business center Connected Vehicles d’Atos Worldline.

Peugeot n’est pas en reste. Outre un million de véhicules équipés d’e-Call vendus depuis 2003, le constructeur a lancé en septembre 2012 Peugeot Connect Apps sur les 208, qui donne accès à des services à la mobilité (restaurant, parking, trafic, carburants, guidage… une dizaine de services disponibles) soit avec une clé 3G, soit en utilisant le smartphone du client. « En 2015, une nouvelle plate-forme télématique sera opérationnelle et proposera de nombreux services », annonce Thierry Le Hay, responsable des innovations systèmes embarqués de PSA qui ne souhaite pas encore s’exprimer sur l’intégration possible d’un moyen de paiement. Mais PayPal travaille déjà avec des constructeurs automobiles pour imaginer de nouveaux parcours de consommation qui transformeront la voiture en un vrai moyen de paiement. 

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