La valeur du paiement

le 31/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Un gâteau de 24.000 milliards d’euros à partager ! C’est le montant nominal vertigineux des 16 milliards de transactions de paiements scripturaux réalisées par la clientèle, tant de particuliers que de professionnels et d’entreprises, via des établissements bancaires en 2009. De quoi attiser toutes les convoitises pour un marché des paiements jusqu’ici uniquement dominé par les banques, mais secoué par les innovations technologiques et la montée en puissance du commerce électronique.

Des prétendants, il y en a, et un certain nombre d’acteurs non bancaires se lancent sur ce secteur en ébullition (lire L’évènement page 8). Mais si l'objectif de la directive sur les services de paiements votée en 2007 était de les faire émerger, le moins que l’on puisse dire est que le processus est lent. Deux ans après sa transposition dans l’Hexagone, les établissements agréés sont aussi rares que les obstacles à franchir demeurent nombreux ! Il faut dire que la France a particulièrement verrouillé le marché, entre normes de sécurité très strictes et alliance incontournable avec les établissements bancaires, leurs concurrents directs !

Pourtant, les banques auraient bien tort de ne pas trouver de terrain d’entente avec ces nouveaux établissements de paiement. D’abord parce que face à des acteurs installés et légitimes, ceux-ci offrent des services plutôt complémentaires, innovants, ciblés autour d’une segmentation par niches. Ces alliés devraient se révéler précieux pour adapter à faible coût leurs services à leurs clients, trouver de nouvelles opportunités de stimuler leur offre commerciale et surtout générer de nouvelles sources de revenus alors que ceux issus de la carte sont remis en cause.

Mais les alliances se justifient aussi parce que les établissements financiers n’ont pas intérêt à rester seuls face aux géants du commerce électronique dont l’offensive se fait chaque jour plus forte. Ces intervenants sont bien déterminés à tirer leur épingle du jeu en complétant leur offre par une brique de paiement. Or, ils ont une puissance de feu suffisante pour prendre une réelle part de marché aux établissements de crédit.

Dans cette bataille, qui promet d’être rude, seuls les acteurs qui sauront allier taille critique et innovation technologique pourront accroître leur part du gâteau. Certaines banques commencent à s’adapter et à trouver un modus vivendi avec les nouveaux entrants, d’autres se cherchent encore et travaillent à leurs propres nouveaux instruments de paiement. Toutes seraient bien avisées de se positionner rapidement car les nouvelles initiatives pourraient bien se multiplier cette année. L’entrée en jeu des opérateurs télécoms promet notamment de changer une nouvelle fois la donne.

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