UniCredit garde le cap contre vents et marées sur les marchés

le 01/09/2011 L'AGEFI Hebdo

La rentrée s’annonce intense pour la banque italienne qui s’apprête à présenter un nouveau plan industriel pour une restructuration complète.

Malmenée en Bourse tout l’été, UniCredit a vu sa capitalisation se réduire, passant de 29,8 milliards d’euros en janvier à 16,9 milliards fin août. Et, nouveau signe d’inquiétude, son émission d’obligations sécurisées à 10 ans (un milliard d’euros) a été placée le 25 août avec un spread de 215 points de base par rapport au taux midswap : l’écart le plus important jamais payé par une banque italienne pour des covered bonds. Pourtant, le patron du groupe, Federico Ghizzoni, soutient qu’« il faut faire la distinction entre ce qui se passe à l’extérieur, sur les marchés, et ce qui se passe à l’intérieur d’UniCredit ». En pleine réorganisation, la première banque italienne a poursuivi son plan de marche à rythme soutenu. « Nous voulons être leaders en Europe pour notre service à la clientèle ‘retail’ et ‘corporate’, ce que nous savons faire, et focaliser la machine sur l’économie réelle », résumait Federico Ghizzoni dans Il Corriere della Sera en juillet. L’an dernier, UniCredit avait lancé son projet de « banque unique » afin d’intégrer en une seule et même structure ses différentes filiales et activités en Italie.

A l’Est, du nouveau

Aujourd’hui, c’est au tour de l’Autriche et surtout de l’Allemagne d’être réorganisées, suivant le même processus. Tandis que HVB, la banque allemande d’UniCredit, gardera son activité de réseau, son back-office et d’autres services seront incorporés au sein d’une nouvelle société indépendante. « Nous travaillons actuellement à une grande simplification, explique le numéro un du groupe. Cela comporte des changements radicaux pour nous. Il s’agit de démonter une grosse machine un peu complexe. » Le but ? « Raccourcir la chaîne du management et simplifier le modèle pour rapprocher ultérieurement la banque du client et du territoire. » Dans cette optique, UniCredit travaille à un plan industriel à rendre public avant la fin de l’année.

Le groupe réfléchit par ailleurs à la réorganisation de sa filiale de gestion d’actifs Pioneer Investments. Après l’avoir mise en vente au premier semestre, il s’est ravisé, jugeant insuffisantes les offres mises sur la table, et a préféré se concentrer sur la croissance interne de Pioneer. « Nous finalisons un nouveau plan stratégique pour accélérer la croissance organique de notre activité », a annoncé Pioneer fin août, qui a indiqué à ce titre vouloir « réexaminer les options stratégiques pour son activité en Russie », tout en précisant que cet éventuel retrait ne concernait pas UniCredit Group. « La Russie est l’un des trois marchés étrangers les plus importants pour le groupe en Europe orientale avec la Pologne et la Turquie, souligne une analyste milanaise. En revanche, la Russie n’est absolument pas significative pour Pioneer, avec seulement 32 millions d’euros d’actifs gérés sur un total de 178 milliards. Je crois qu’avec cette filiale, UniCredit s’inscrit davantage dans une stratégie d’attente. Ils finiront par la vendre lorsque les conditions du marchés seront plus favorables. »

Pressions sur le capital

Avec la fin du conflit libyen, la banque va pouvoir dégeler les 7,6 % de son capital détenus par la banque centrale libyenne, bloqués sous le coup des sanctions imposées lors du conflit, ainsi que près de 1 milliard d’euros d’avoirs libyens déposés sur ses comptes. Ce changement de donne relance l’hypothèse d’une augmentation de capital. Tout le monde ne partage pourtant pas cet avis, à l’instar de Matteo Ramenghi, analyste chez UBS : « Ils ont déjà augmenté deux fois leur capital depuis 2008. Compte tenu de nos attentes sur les exigences supplémentaires de fonds propres requises pour les SIFIs (établissements systémiques, NDLR) dans le cadre de Bâle III, UniCredit n’aura problablement pas besoin d’effectuer de recapitalisations ultérieures. »

Enfin, passés les soubresauts des changements à la direction suite à l’éviction d’Alessandro Profumo il y a près d’un an, UniCredit semble reprendre son souffle. « Federico Ghizzoni a fait du bon travail. Il connaît très bien la maison et a une idée claire des priorités, estime Matteo Ramenghi. Il a fait progresser le Core Tier one à 9,12 % fin juin contre 8,58 % fin 2010. Il a notablement amélioré la qualité du refinancement de la banque et celle de ses actifs, ce qui s’est traduit par une diminution de ses dépréciations. Enfin, il a renforcé le management. » Sur les quinze top managers du groupe, en effet, six sont de nouvelles figures, à l’instar de Jean-Pierre Mustier, nommé en mars à la tête de la banque d’investissement.

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