L'avis de... Marc Sabatier, associé fondateur de Sterwen Consulting*

« De très gros investissements ont été réalisés depuis trois ans »

le 05/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Concrètement, comment se passe le gel des avoirs des personnes sanctionnées dans les banques ?

C’est à la suite d’une instruction du Ministère des Finances que les établissements bancaires sont assujettis aux gels des avoirs financiers. Une fois émise, cette instruction est transmise à la direction de la conformité de chacune des banques. Celles-ci doivent alors, autant que faire se peut, empêcher le moindre mouvement sur le compte de la personne désignée. Les banques doivent donc procéder aux paramétrages de leurs outils informatiques dédiés pour surveiller les comptes.

De quels outils parle-t-on alors ?

Ils sont de trois types. Le premier concerne les outils de profilage, dédiés à la connaissance des clients, comme ceux des éditeurs Actimize et Norkom. Constituant le premier filet de sécurité réglementaire, ils permettent de bien connaître les clients et de leur attribuer un profil de risque. La deuxième catégorie d’outils sert au filtrage des flux financiers entre différents comptes, comme ceux de l’éditeur Fircosoft, leader dans ce domaine. Ils sont régis par un certains nombre de règles propres à déceler des mouvements suspects. La troisième catégorie regroupe les bases de données et listes de personnes enrichies et mises à jour comme celles fournies par Factiva, Lexis-Nexis ou Banker Almanach. Concernant les deux premières catégories d’outils, leur implémentation nécessitent de gros projets informatiques, dont le budget se monte à plusieurs millions d’euros pour les grands établissements.

Quelle est la maturité des banques en termes d’équipement ?

Les banques s’équipent depuis plusieurs années déjà, avec deux éléments déclencheurs : les attentats du 11 septembre et l’intensification de la lutte contre le financement du terrorisme, et l’application de la troisième directive européenne antiblanchiment. Celle-ci, applicable dès septembre 2009, prévoyait un délai d’un an. Les banques sont donc bien préparées pour le gel des avoirs, de très gros investissements ont été réalisés depuis trois ans.

*Cabinet de conseil spécialisé dans la gestion des risques dans le monde bancaire et financier

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