Swift prêt à lancer son informatique décisionnelle modernisée

le 08/03/2012 L'AGEFI Hebdo

L’opérateur du réseau ultra-sécurisé d’échanges liés aux transactions bancaires est décidé à capitaliser sur son patrimoine de données par le biais de nouveaux services.

Nous voulons aller plus loin dans l’exploitation de notre ‘business intelligence’ (informatique décisionnelle, NDLR), déclare Francis Martin, responsable de l’informatique décisionnelle chez Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication). Nous allons proposer prochainement à nos clients un portefeuille de solutions d’analyse allant bien au-delà de la fourniture de volumes de transactions. » Société de droit belge, Swift est un opérateur de messagerie ultra-sécurisée pour les transactions bancaires (confirmation de transferts de fonds, instruction de règlement-livraison, ordres de paiement, ordres d’achat, de vente…). L’ambition de Swift est de capitaliser sur son patrimoine de données par le biais de nouveaux services. « Nous voulons offrir à nos clients une vision plus fine, en volume et en valeur, de toutes leurs transactions, annonce Francis Martin. Et dans le même temps, leur offrir la possibilité de comparer leur activité à celle globalement réalisée au niveau régional, national ou mondial. » Dans cette optique, Swift fournira des outils de suivi de positions, de risques et des mouvements en cours, le tout avec un grand niveau de détail.

Un volume de données accru

La réflexion stratégique a été initiée il y a un an environ et il est apparu à l’équipe décisionnelle de Swift que les outils informatiques existants devaient évoluer pour gérer l’accroissement inévitable du volume de données à traiter. Le principal service d’analyse de données de Swift, Watch Analysis, permettait au départ d’étudier le trafic en volume, par catégories de messages. En octobre 2010, les analyses en valeur devenaient possibles et, courant 2011, les clients de Swift pouvaient agréger leurs transactions dans une devise donnée (tout en euros, en dollars ou en livres). « Vu le taux de croissance de notre activité, nous voulions un outil décisionnel plus puissant, offrant des possibilités multiples de visualisation pour la restitution des données sous forme graphique », précise Francis Martin.

Swift gère les transactions entre plus de 9.000 banques et 10.000 entreprises. « Nos clients accèdent à nos services d’analyse hébergés sur nos propres plates-formes, souligne Francis Martin. Nous offrons le même service à tous, même là où la bande passante est moindre. Jusqu’à présent, cela fonctionne très bien, mais nous savions que le lancement de nouveaux services allait poser des problèmes sur le plan opérationnel. » Un appel d’offres est lancé en mars 2011. En septembre 2011, des POC (proof of concept, prototypes) sont élaborés avec les deux derniers fournisseurs sélectionnés. Et c’est l’éditeur américain Microstrategy qui remporte le marché. « Nous avons retenu MicroStrategy pour les capacités graphiques de leur solution, explique Francis Martin. L’idée était de pouvoir proposer des services très intuitifs, avec la possibilité d’obtenir des tableaux ou des graphiques sans avoir besoin de formuler des requêtes. » Mais Microstrategy ne fournit que les solutions d’extraction et de restitution des données. Un autre appel d’offres a été lancé courant 2011 pour l’infrastructure décisionnelle (entrepôt de données, outils d’alimentation de l’entrepôt). Il est en cours de finalisation, les candidats finalistes étant en train de peaufiner leurs POC. Outre de nouveaux services pour ses clients, le nouveau système d’information décisionnel permettra aux équipes techniques de Swift de surveiller encore plus efficacement le bon fonctionnement des plates-formes gérant les transactions et les échanges de messages.

Un premier service à l’été 2012

Jusqu’à présent, pour le service Watch Analysis, la formulation de requête était indispensable. Une condition qui ne rebutait pas les services dédiés des grandes banques, disposant des ressources nécessaires, mais qui posait un problème pour les structures de moindre taille qui ne pouvaient se permettre de dédier des analystes spécialement formés à ces outils. Il y avait donc sur ce segment d’acteurs un relais de croissance difficile à actionner pour Swift. « Après consultation de nos clients, nous avons élaboré un prototype avec l’aide de MicroStrategy qui a été présenté au Cibos 2011, relate Francis Martin. L’accueil a été favorable. » Aussi, fin février, la migration vers la nouvelle solution décisionnelle de MicroStrategy a débuté. Un projet ni véritablement critique ni stratégique et qui a été confié à un prestataire externe. En parallèle, les équipes décisionnelles de Swift et celles de MicroStrategy ont commencé à développer une nouvelle offre qui devrait être opérationnelle d’ici à l’été 2012. « Nous allons lancer le service Watch Correspondant Banking comme la première offre de ‘business intelligence BtoB’ (business-to-business), indique Francis Martin. C’est le premier marché qu’il nous semblait intéressant de couvrir. L’idée est d’offrir des rapports dynamiques prédéfinis, pour que nos clients puissent voir quels sont leurs correspondants bancaires dans une zone géographique déterminée. »

Anticiper les besoins en mobilité

Basée à la Hulpe en Belgique, siège social de Swift, sa plate-forme décisionnelle est indépendante des plates-formes de traitement des messages, situées en Suisse et aux Etats-Unis. « Il s’agit d’écarter tout risque d’interférence avec les flux de données échangés entre nos clients », précise Francis Martin. L’ensemble de ces données est transmis au système décisionnel une fois par mois. Le choix de la solution de MicroStrategy a également été dicté, selon les dires de Francis Martin, par sa capacité à être exploité sur tous types de terminaux, et notamment mobiles. Un prototype fonctionnant sur iPad avait également été présenté lors du Cibos 2011. Les clients de Swift semblent très intéressés par ces solutions en mobilité. Mais les équipes internes de l’opérateur pourraient également y trouver leur compte. Swift compte des clients dans plus de 200 pays, sans posséder autant d’implantations physiques. « Des solutions de ‘reporting’ intuitives, accessibles sur des supports mobiles comme les tablettes tactiles, faciliteraient la vie de nos commerciaux et de nos dirigeants exécutifs », assure Francis Martin. Le déploiement est d’ailleurs prévu en 2013.

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