Entretien avec... Régis Bouyala, senior advisor chez Eurogroup Consulting

« Les start-up innovantes peuvent être des alliés précieux pour les banques »

le 31/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Les nouveaux acteurs du paiement représentent-ils une réelle concurrence pour les banques ?

Il faut distinguer les grands acteurs, tels que Google, Apple, Amazon ou Facebook, qui ont déjà un important fonds de commerce auquel ils peuvent proposer des services complémentaires, comme un moyen de paiement. Leur capacité financière leur permet de racheter des entreprises innovantes et leur grande plasticité leur donne une capacité d’adaptation très forte. Ceux-là ont potentiellement la faculté de prendre une part du marché des banques, tandis que les petites sociétés qui proposent des solutions technologiques nouvelles sans disposer d’une base de clients retail ont peu de chances de s’imposer comme rivales. Par exemple, PayPal n’a atteint sa part de marché que grâce à eBay. Ces petits acteurs peuvent néanmoins se développer en BtoBtoC (business to business to consumer, NDLR) en offrant des solutions à des émetteurs de moyens de paiement existants ou à des communautés affinitaires.

Comment les banques les considèrent-elles ?

Ces start-up innovantes peuvent être des alliés précieux pour les établissements financiers en mettant à leur disposition de nouveaux services qu’ils ne sont pas en mesure d’offrir à leurs clients et qui peuvent stimuler l’offre bancaire. Quelques banques, comme Crédit Mutuel Arkéa, ont déjà pris des parts au capital de nouveaux acteurs. Si elles ne le font pas, d’autres iront tôt ou tard.

Pourtant, les banques restent très prudentes, voire hostiles, à l’égard des nouveaux entrants…

L’attitude de rejet est en train de changer. Certains établissements bancaires cherchent à adapter leur modèle économique qui repose pour une bonne part aujourd’hui sur des revenus issus de la carte et des incidents de paiement. Or ces sources de PNB sont remises en cause, ils doivent donc trouver d’autres recettes et enrichir la chaîne de valeur du paiement. Les banques, qui maîtrisent parfaitement ce métier, ont des atouts pour éloigner les compétiteurs et proposer des services à valeur ajoutée. Ce n’est pas un hasard si certaines développent des galeries marchandes ou des offres de cash-back qui leur procurent de nouveaux revenus.

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