L’avis de… Emmanuel Durousseau, responsable des stratégies ILS chez Scor Alternative Investments, et Vincent Foucart, secrétaire général et responsable ILS Risk Transfer Solutions chez Scor

« Solvabilité II pourrait pousser le développement de ces émissions dans les trimestres à venir »

le 03/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Dans quel contexte choisir de se réassurer avec une émission catastrophe (« cat bond ») ?

Emmanuel Durousseau - Le modèle doit être accepté par les investisseurs. Certains périls et certaines zones géographiques sont plus difficiles à proposer dans le cadre d’une émission catastrophe. C’est notamment le cas du risque inondation ou encore des pays comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande dont les modèles ne sont pas encore matures. Cependant, les deux formes de réassurance restent parfaitement complémentaires. Les cat bonds peuvent être précieux de par leur durée de vie pluriannuelle dans un contexte où la fréquence des catastrophes naturelles dans le monde est en constante augmentation avec une nette aggravation depuis les années 90, rendant les traditionnels contrats de réassurance plus chers.

Où sont enregistrés traditionnellement les SPV (« special purpose vehicles ») ?

Vincent Foucart - Si le choix des actifs mis en nantissement est primordial, la place d’enregistrement du SPV l’est tout autant. Depuis le début de l’année, les SPV nouvellement créés sont enregistrés aux Bermudes ou aux îles Caïmans. Pour notre part, nous avons choisi d’établir toutes nos structures ad hoc en Irlande. Le choix d’une place dont le régulateur s’apprête à appliquer Solvabilité II et bénéficiant d’une expérience de ce type de solutions nous apparaît fondamental.

Quel avenir voyez-vous pour ce marché ?

Vincent Foucart - En raison d’un cumul de risques sans cesse croissant, l’apport d’une capacité de réassurance complémentaire par la titrisation de risques naturels prend toute sa valeur. Avec 2,7 milliards de dollars d’émissions de janvier à avril 2012, le marché est en nette croissance. Des innovations commencent à poindre comme le tout premier cat bond qui mutualise la couverture de deux compagnies d’assurances, placé fin mars via une émission de 200 millions de dollars. Par ailleurs, Solvabilité II pourrait pousser au développement de ces émissions dans les trimestres à venir. La réglementation européenne impose en effet un alourdissement de fonds propres en face de tout risque de crédit. Le portefeuille de nantissement d’un cat bond permet d’éliminer ce risque.

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